"Une vraie réduction des pouvoirs du Parlement" : Gérard Larcher va demander à Emmanuel Macron un réexamen du texte de réforme constitutionnelle

Selon le président du Sénat, ce texte "n'est pas celui sur lequel nous avions il y a dix-sept jours arbitré sous l'autorité du président de la République".

De gauche à droite, Gérard Larcher, Edouard Philippe, François de Rugy, Alexis Kohler et Emmanuel Macron, à l\'Elysée, le 30 mars 2018.
De gauche à droite, Gérard Larcher, Edouard Philippe, François de Rugy, Alexis Kohler et Emmanuel Macron, à l'Elysée, le 30 mars 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"La révision constitutionnelle ne pourra pas se faire sur l'abaissement des pouvoirs du Parlement." L'avertissement est lancé par Gérard Larcher (Les Républicains), président du Sénat, invité mardi 17 avril sur RTLSelon lui, "une lecture attentive du projet de loi envoyé au Conseil d'Etat" montre, "sur la manière dont on peut déposer des amendements", "une vraie réduction des pouvoirs du Parlement et ça, ce n'est pas possible." 

Ce texte "n'est pas celui sur lequel nous avions il y a dix-sept jours arbitré sous l'autorité du président de la République", dénonce le président du Sénat. "Voilà pourquoi je ferai cette semaine appel au président de la République pour que ce texte soit réexaminé, il peut l'être avant le Conseil des ministres du 9 mai, il peut l'être au cours du débat", a-t-il poursuivi, laissant entendre que le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, serait "sur une ligne comparable". Selon Le Parisien, François de Rugy est en effet décidé à "amender le texte"

Il faut un Parlement fort, il faut un Parlement qui contrôle, il faut un Parlement qui débatte.Gérard Larcher, président du Sénatsur RTL

Sur la question de la réduction de 30% du nombre de parlementaires, Gérard Larcher a indiqué que "le nombre n'est pas un chiffre sacré. Ce qui compte, c'est la représentation de parlementaires dans chaque territoire de la République."  

"Je reste toujours dans l'attitude de quelqu'un qui souhaite voir aboutir une révision constitutionnelle qui devrait, car c'est son objectif, permettre à nos institutions de mieux fonctionner et à la démocratie d'être mieux comprise par nos concitoyens", a-t-il assuré. Et le président du Sénat martèle : "Pas d'abaissement des pouvoirs du Parlement, modernisation du fonctionnement, du dialogue exécutif-législatif."