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Nouvelle-Calédonie : Emmanuel Macron s'est montré "très rassurant pour ceux qui veulent le maintien de l'île dans la France", selon une élue LR

Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains calédoniens au Congrès de Nouvelle-Calédonie et opposée à l'indépendance de l'île, salue le discours tenu par Emmanuel Macron lors de sa visite sur place.

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Radio France
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Emmanuel Macron lors de la cérémonie en mémoire des 19 indépendantistes kanaks tués lors de la prise d'otage de 1988, samedi 5 mai. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Six mois avant la tenue d'un référendum sur le futur statut du territoire de Nouvelle-Calédonie, Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains calédoniens au Congrès de l'île, et opposée à l'indépendance, a salué le discours tenu par le chef de l'État en clôture de son déplacement :"Il n'appartient qu'à nous tous de ne pas faire reculer l'Histoire, que le choix se fasse dans le calme en gagnant chaque centimètre de paix et de concorde", a déclaré le chef de l'Etat, ajoutant que "la France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie"

franceinfo : Que pensez-vous des propos du chef de l'Etat ?

Sonia Backès : Les propos du chef de l'État étaient très rassurants, puisqu'il a indiqué que la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie. Donc, pour ceux qui veulent le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, ce qui est le cas de la majorité des Calédoniens, c'était des propos très rassurants.

Est-ce que, selon vous, il devrait s'impliquer plus et défendre l'appartenance de la Nouvelle-Calédonie à la République française ?

Ce qu'il a dit sur la place de la Nouvelle-Calédonie dans la zone pacifique, et sur le fait que la France soit présente dans cette région grâce à la Nouvelle-Calédonie, est de nature à rassurer les Calédoniens et à aller dans le sens de tous ceux qui veulent le maintien de la Calédonie dans la France.

Emmanuel Macron s'est montré très réservé, ce matin, sur l'île d'Ouvéa, alors que les familles venaient déposer des fleurs devant le mémorial. Était-ce l'attitude que vous attendiez du chef de l'État ?

Oui, c'était important qu'il puisse y avoir ce moment de recueillement, et de respect, trente ans après. Ce qui s'est passé à Ouvéa il y a trente ans a marqué les esprits. Aujourd'hui, tous, en Calédonie, nous disons "plus jamais ça", plus jamais connaitre ces violences, et le fait d'avoir un chef de l'Etat qui, trente ans après, va sur ce lieu symbolique, c'était important, ça veut dire qu'on tourne la page des violences pour ouvrir la page du choix des Calédoniens. Bien évidemment, je souhaite, comme, apparemment, la grande majorité des Calédoniens, que l'île reste dans la République française, mais d'avoir des propos aussi rassurants du chef de l'État, c'est une très bonne chose pour la Calédonie.

Dans un territoire où l'atmosphère reste très tendue entre communautés, il faudra peut-être encore apaiser ces tensions, notamment au niveau social où les inégalités sont encore criantes ?

Il y a des problèmes de violence, de délinquance comme partout sur le territoire de la République, mais effectivement, il y a un problème spécifiquement économique qui est lié à l'approche de l'échéance du référendum. Les gens ont du mal à se projeter, il y a beaucoup de difficultés économiques, ce qui crée un contexte social tendu. Mais ce ne sont pas les tensions politiques qu'on a connues il y a trente ans. Les perspectives que le chef de l'État a tracées, au-delà de la question politique pure et simple, les perspectives économiques, les perspectives énergétiques, les perspectives de développement dans la zone indo-pacifique, sont vraiment de nature à redonner de l'espoir et relancer la machine calédonienne.

Comment peuvent se dérouler les prochains mois de "campagne" avant ce référendum du 4 novembre ?

Les uns et les autres vont faire campagne mais, je le répète, l'ensemble des responsables politiques calédoniens a connu les événements qui ont eu lieu entre 1984 et 1988, et tout le monde ne veux plus jamais revivre ça. On est tous dans une grande responsabilité collective, pour dire qu'il ne faut pas de dérapage, que chacun fera campagne pour soi. Pour ma part je fais partie de ceux qui défendront le "non" à l'indépendance, mais chacun fera campagne et défendra son projet. Le lendemain du référendum, le 5 novembre, on se réveillera tous ensemble, et on continuera à vivre tous ensemble quelle que soit la décision. Nous sommes très attachés les uns les autres à ce que la paix soit maintenue sur le territoire de Nouvelle-Calédonie.

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