Sécurité, écoles, transports, cinéma... Voici ce qu'il faut retenir du plan pour "Marseille en grand" d'Emmanuel Macron

L'Etat apportera environ 1,5 milliard d'euros de financements nouveaux, principalement pour les transports, mais aussi pour la culture et la sécurité, chiffre l'Elysée.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
Emmanuel Macron se protège d'une averse lors de son discours à Marseille, le 2 septembre 2021. (MAXPPP)

Au cœur de trois jours de visite à Marseille, Emmanuel Macron dévoile son plan. Le chef de l'Etat a présenté, jeudi 2 septembre, les contours de "Marseille en grand", une série de mesures et de projets pour relancer la deuxième ville de France, "fracturée de toutes parts". Depuis le palais du Pharo, il a dit vouloir "répondre tout à la fois aux urgences et aussi regarder plus loin" et "rêver" pour "bâtir le Marseille de 2030"

Au cours d'un long discours interrompu par une averse puis par une coupure de courant, le président a défini des urgences "sécuritaire, sociale et sanitaire" et des ambitions éducatives, économiques, culturelles et structurelles. "Il y a bien eu le grand Paris, on a le droit d'avoir ce Marseille en grand", avait-il affirmé, mercredi. Voici l'essentiel de ses annonces, chiffrées à ce stade par l'Elysée à environ 1,5 milliard d'euros de financements nouveaux.

Des moyens pour lutter contre les trafics

Promettant une "politique de harcèlement des trafics" de drogue, responsables d'une "criminalité de plus en plus violente", Emmanuel Macron a confirmé l'arrivée de 200 policiers supplémentaires à Marseille dès 2022, jusqu'ici promise pour 2023. Deux compagnies de CRS récemment installées seront "pérénnisées" et 500 caméras de vidéosurveillance seront financées dans les quartiers Nord. Huit millions d'euros seront débloqués pour l'équipement des policiers, avec notamment à la clé 222 voitures et motos dès l'été 2022. Un nouvel hôtel de police sera construit grâce à une enveloppe de 150 millions d'euros.

Sur le plan judiciaire, le chef de l'Etat a promis des "moyens supplémentaires" pour mener à bien les enquêtes et "remonter les têtes de réseaux", avec notamment des initiatives européennes "dans les prochaines semaines". "On parle de trafics internationaux, on parle de mafias et de cartels", selon le maire, Benoît Payan, qui demandait la création d'un parquet spécialisé contre le trafic de drogue.

De nouvelles lignes de transport

Pour "désenclaver" Marseille et en faire une "capitale méditerranéenne", Emmanuel Macron a promis un milliard d'euros d'investissements pour l'automatisation du métro, la création de quatre lignes de tramway et de cinq lignes de bus. Cette enveloppe est conditionnée à une "évolution de la gouvernance de la métropole", jugée jusqu'ici défaillante en matière de transports. A l'heure actuelle, cette agglomération de 1,6 million d'habitants, très embouteillée, ne compte que deux lignes de métro et trois de tramway.

Le président a promis 115 millions d'euros de l'Etat en vue de la création d'un "RER à la marseillaise" et le versement de 1,4 milliard d'euros pour le réaménagement de la gare Saint-Charles et une nouvelle ligne Marseille-Nice. Il a confirmé des financements pour l'extension de l'aéroport et "des investissements massifs" pour le port de Marseille, en vue de sa modernisation et du développement du fret ferroviaire et du transport fluvial.

Des écoles rénovées et expérimentales

Le président a annoncé la création "d'ici à la fin de l'année" d'une "société ad hoc", sous pilotage de l'Etat, pour réhabiliter les écoles les plus vétustes de la ville. Sur un total de 472 écoles, Marseille en compte "174 dans un état de délabrement tel que l'apprentissage y est devenu impossible", a-t-il souligné. La sélection des établissements et les modalités seront finalisées dans "les prochaines semaines".

Déplorant un problème de "fonctionnement" dans les écoles phocéennes, avec "trop de grèves" et d'"absentéisme", Emmanuel Macron a dit vouloir donner "plus de liberté et de moyens aux directeurs". Au cours des prochains mois, 50 établissements des quartiers populaires seront retenus pour expérimenter une "méthode radicalement nouvelle" : les directeurs d'écoles pourront notamment y choisir leurs enseignants, attirés par un projet pédagogique défini et par "beaucoup plus de moyens" alloués à ces structures.

Le président entend "inventer ici l'école du futur", avec un lancement "dès la rentrée 2022-2023" dans de premiers lieux. Au même horizon, à l'échelle du secondaire, le chef de l'Etat souhaite l'ouverture de 10 micro-collèges et de 10 micro-lycées, afin de lutter contre le décrochage scolaire. Il a aussi annoncé le recrutement de 30 éducateurs et de 30 médiateurs supplémentaires, en réponse à l'"urgence sociale" dans les zones défavorisées.

Un soutien à l'entreprenariat

Pour "rapprocher les jeunes des quartiers et les entreprises" et favoriser "l'émancipation économique", Emmanuel Macron mise sur le lancement d'un guichet unique des initiatives d'entreprenariat. Un "capital jeune créateur" sera notamment déployé à Marseille, avec le soutien de la banque publique d'investissement, pour permettre l'accompagnement et le soutien financier de projets jugés prometteurs.

Le chef de l'Etat a également annoncé le recrutement de 100 jeunes marseillais, "dès l'automne", dans le cadre du service militaire volontaire, "un bon dispositif pour les mômes les plus loin de l'emploi et de la vie normale".

Un virage vers les industries culturelles

Y voyant un potentiel de "dizaines de milliers d'emplois", le locataire de l'Elysée a affiché de fortes ambitions culturelles, particulièrement dans le domaine du cinéma et de l'audiovisuel. Il s'est engagé à soutenir la naissance de "grandes écoles" et de "grands studios de la Méditerranée" pour faire de Marseille un haut-lieu de tournage et de production de "grands films et de grandes séries" et "le premier bassin de tournage en mer".

Le chef de l'Etat a annoncé la création d'une antenne marseillaise de la Cinémathèque française "pour transmettre la mémoire du cinéma", ainsi que l'implantation d'une école CinéFabrique et un soutien à la modernisation du pôle média de La Belle de mai.

Des aides pour les hôpitaux

En réponse aux "faiblesses du système de santé marseillais", le chef de l'Etat a rappelé l'engagement de l'Etat pour alléger la dette des hôpitaux marseillais à hauteur de 233 millions d'euros. Il a également évoqué 169 millions d'euros pour la réhabilitation de la Timone et de l'Hôpital Nord et pour la construction d'un bâtiment pour le Samu. Au rayon des annonces, il a promis 50 millions d'euros supplémentaires pour le Pôle Mère-enfant et un soutien à la réalisation d'une Maison des femmes.

Un lieu pour la transition écologique

La dernière annonce du président a porté sur le lancement d'un projet baptisé Odysseo. Ce réseau international, dédié à la transition écologique, prendra forme avec, "d'ici à 2026""un premier lieu emblématique au cœur de Marseille""Ce projet Odysseo va être un lieu majeur d'éducation et de sensibilisation dédié à la protection de l'environnement méditerranéen", a-t-il assuré. D'ici là, le chef de l'Etat a dit souhaiter que Marseille devienne la première capitale européenne de la mer en 2024.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Emmanuel Macron

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.