Les premières mesures du quinquennat Macron profiteront surtout aux plus aisés en 2018 et 2019, selon une étude de l'OFCE

Selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques, les ménages les plus aisés devraient profiter pleinement des réformes sur la fiscalité du capital mobilier.

Le président Emmanuel Macron, lors d\'une conférence de presse avec le Premier ministre italien, le 11 janvier 2018.
Le président Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre italien, le 11 janvier 2018. (ANDREAS SOLARO / AFP)

Emmanuel Macron se défend d'être le "président des riches", mais ses mesures budgétaires vont bien bénéficier en particulier aux plus aisés. Selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les mesures du budget 2018 pour les ménages n'auront quasiment pas d'effet sur leur pouvoir d'achat cette année mais permettront une augmentation générale des niveaux de vie en 2019. Et à chaque fois, ce sont les plus aisés qui en profiteront le plus.

Selon cette étude, les mesures votées dans le cadre de la loi de finances pour 2018 ne feront augmenter le pouvoir d'achat des ménages que de 200 millions d'euros cette année. En revanche, "la montée en charge des mesures fiscales et les nouvelles revalorisations de prestations" devraient permettre "d'accroître le pouvoir d'achat de plus de six milliards d'euros" en 2019, estime le think tank, classé à gauche.

En 2019, "les 2% les plus riches capteraient 42% des gains"!

Toutefois, que ce soit en 2018 ou en 2019, les principaux bénéficiaires de ces mesures seront les ménages les plus aisés, qui devraient profiter pleinement des réformes sur la fiscalité du capital mobilier (transformation de l'impôt sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière, mise en place d'un prélèvement forfaitaire unique de 30%). En 2019, "les 2% les plus riches capteraient 42% des gains à attendre de la mise en place des mesures", indique le document.

En 2018, les mesures auront un impact nul sur le pouvoir d'achat des classes moyennes. En revanche, les ménages les plus pauvres et la tranche de ceux qui se situent juste en dessous des 5% les plus aisés verront leur niveau de vie se réduire. Pour les ménages les plus pauvres, les revalorisations des minima sociaux prévues fin 2018 "ne compensent pas les hausses de la fiscalité indirecte" sur le tabac et l'énergie cette année.

L'exécutif, accusé par ses opposants d'avoir construit un budget "pour les riches", défend de son côté des mesures qui doivent selon lui améliorer le pouvoir d'achat des Français. Selon des études d'opinion, les Français considèrent de leur côté que la politique d'Emmanuel Macron avantage les grandes fortunes.