Gouvernement d'union nationale : "Il parlera quand cela aura du sens", assure l'entourage d'Emmanuel Macron

Le président de la République poursuit mercredi ses entretiens à la recherche d'un consensus pour éviter le blocage parlementaire : il reçoit dans la matinée le secrétaire national d'EELV Julien Bayou, puis la présidente du groupe LFI Mathilde Panot, ainsi qu'Edouard Philippe, patron du parti Horizons.

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Radio France
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Emmanuel Macron, au Touquet, le 19 juin 2022, dans le bureau de vote dans lequel il s'apprête à voter. (MICHEL SPINGLER / POOL)

Trois jours après le second tour des élections législatives, au terme desquelles Emmanuel Macron et ses alliés n'ont pas su dégager une majorité claire à l'Assemblée nationale, le président de la République a tenté de reprendre la main mardi 22 juin en lançant une série d’entretiens avec les chefs des partis susceptibles de former des groupes à l’Assemblée. Il continue mercredi en recevant le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts Julien Bayou, puis la présidente du groupe La France insoumise Mathilde Panot, ainsi qu'Edouard Philippe, son ancien Premier ministre et patron du parti Horizons.

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Le président de la République cherche des pistes pour éviter ce qu’il redoute comme une crise institutionnelle et teste ainsi l’idée d’un gouvernement d’union nationale. Le communiste Fabien Roussel rapporte même que le président de la République lui a demandé si son parti serait prêt à y participer.

La stratégie derrière ces consultations

Un gouvernement d’union nationale, la réponse ultime en cas de crise ? "L’objectif des concertations en cours est d’identifier une solution. Cela fait partie du panel des solutions qui peuvent exister, mais dire qu’Emmanuel Macron l’envisage ne signifie pas que c’est la direction qu’il est en train de prendre", tempère immédiatement l’entourage du chef de l’Etat. Et pour cause : si le communiste a dit non, c'est parce que "les Français ne comprendraient pas". D'ailleurs, Emmanuel Macron a testé l’option avec les communistes, mais pas avec le socialiste Olivier Faure, pourtant lui aussi allié dans la Nupes. Ce dernier assure à franceinfo qu’il aurait, lui aussi, refusé.

Ils ne sont pas les seuls : les Républicains, eux non plus, n’en veulent pas. Le premier d’entre eux, Christian Jacob, a passé la journée de mardi à dire non lui aussi. Pas de logique de pacte ou de participation, pas de grande coalition, comme l’a aussi proposé Edouard Philippe, désormais patron de l’aile droite de la majorité, avec son parti Horizon. Les chances d’aboutir sont quasi nulles. Mais mettre l’hypothèse sur la table a un avantage : faire savoir que le président était prêt à aller loin pour éviter l’impasse et, le moment venu, prendre l’opinion publique à témoin.

Vers une prise de parole présidentielle

Mardi 21 juin au soir, on a bien vu Emmanuel Macron lancer la Fête de la Musique, évoquant à peine les consultations en cours : il ne s’est donc toujours pas exprimé sur cette situation politique inédite. Doit-il le faire mercredi soir, avant d’enchainer un conseil européen, un sommet du G7 et un sommet de l’Otan, pour dire ce qu’il retient de ces deux jours d’entretiens, alors que la séquence internationale dure quasiment une semaine ? Autour de lui, personne n’est d’accord, glisse une source gouvernementale. Certains plaident pour laisser "décanter", encore une fois, comme après sa réélection le 24 avril. "Il parlera, mais quand les choses seront posées, quand cela aura du sens", évacue son entourage.

La semaine prochaine, Elisabeth Borne prend le relais : c’est à Matignon que les chefs de groupes à l’Assemblée fraîchement élus seront reçus. En attendant, elle aussi consulte et multiplie les appels aux députés de droite et de gauche pour les sonder, révèle un conseiller du pouvoir. Avant de se résoudre à devoir négocier sur chaque texte pour trouver une majorité, l’exécutif n’a donc pas renoncé à tenter le débauchage.

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