Rencontre avec Macron, obsèques de Johnny, "gorilles de Poutine"… Quatre anecdotes à retenir du livre d'Alexandre Benalla

L'ancien collaborateur de l'Elysée a publié jeudi un livre entre plaidoirie et révélations.

Alexandre Benalla interrogé par un comité sénatorial, à Paris, le 19 septembre 2018. 
Alexandre Benalla interrogé par un comité sénatorial, à Paris, le 19 septembre 2018.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Il voulait intituler son livre J'assume !, ce sera finalement Ce qu'ils ne veulent pas que je dise. L'ancien collaborateur de l'Elysée Alexandre Benalla a publié, jeudi 7 novembre, un livre de 280 pages, dans lequel il donne sa version des faits et révèle des anecdotes sur son passage aux côtés d'Emmanuel Macron. Le Point en a publié les bonnes feuilles. Voici quelques extraits de ce qu'il appelle sa "vérité".

Ses échanges avec Ismaël Emelien avant son interrogatoire

Alexandre Benalla revient sur les images de violences commises le 1er mai 2018, place de la Contrescarpe à Paris, cette scène, dévoilée par Le Monde et qui déclenche "l'affaire Benalla". Il livre le récit de sa garde à vue, le 20 juillet 2018 à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) et notamment les échanges avec Ismaël Emelien, à l'époque conseiller spécial du président, juste avant son interrogatoire. "On regarde de notre côté si tu démissionnes ou si on te licencie", lui dit ce dernier. "Pour la vidéo [diffusée sur Twitter], je dis que c'est toi ?", répond Alexandre Benalla. "Oui, tu leur dis bien que tu me l'as donnée. Allez, courage, vieux."

Ismaël Emelien, à droite d\'Emmanuel Macron, à Strasbourg, le 4 octobre 2016. 
Ismaël Emelien, à droite d'Emmanuel Macron, à Strasbourg, le 4 octobre 2016.  (JEAN-FRANCOIS BADIAS /AP / SIPA)

D'après Alexandre Benalla, l'affaire des violences de la Contrescarpe a éclaté à cause de la jalousie de certains policiers. Dans Le Point, il assure avoir entendu un haut fonctionnaire lancer, dans la salle de commandement de la préfecture de police de Paris : "On le tient !" Selon lui, ces mêmes policiers jaloux auraient remis aux journalistes la vidéo de son intervention violente. Ils ont fait "d'une pierre deux coups", écrit-il, avant de détailler "M'éliminer du paysage et balayer la réforme maudite ; pourrir l'après-Coupe du monde et priver Emmanuel Macron du bénéfice d'image de cette victoire".

Sa première rencontre avec Emmanuel Macron

L'ancien collaborateur de l'Elysée raconte aussi la manière dont son aventure élyséenne a commencé. Il se souvient notamment de son entretien d'embauche avec Ludovic Chaker, tout nouveau secrétaire général d'En marche !. "J'ai besoin de quelqu'un pour prendre en charge la sécurité de Macron pendant la campagne électorale. (...) Bon, je te le dis tout de suite, c'est temporaire, pour deux ou trois mois. Et surtout, ce n'est pas payé." 

De sa rencontre avec Emmanuel Macron, Alexandre Benalla retient : "Direct le regard droit planté dans mes yeux, la poignée ferme et franche, il se passe chez moi un truc immédiat. Le contact est total. Je sais que je vais le suivre." Une relation particulière sur laquelle il insiste, dans une interview à l'hebdomadaire : "Certains étaient jaloux de ma proximité avec lui."

On a dit que j'étais son garde du corps, son homme à tout faire, son amant… Pfff… Avec lui, on se comprenait, c'est tout.Alexandre Benallaau Point

La "facture du cercueil" de Johnny Hallyday

Revenant sur les obsèques de Johnny Hallyday mort le 6 décembre 2017, Alexandre Benalla rappelle que "la partie artistique et technique de la cérémonie" devait être gérée par la famille du Taulier. Seulement, quelques semaines plus tard, l'intéressé reçoit une pochette remplie de factures transmises par le manager de Johnny. Il réclame "le remboursement de plusieurs centaines de milliers d'euros".

Après les funérailles, le cercueil de Johnny Hallyday quitte l\'église de la Madeleine à Paris, le 9 décembre 2017. 
Après les funérailles, le cercueil de Johnny Hallyday quitte l'église de la Madeleine à Paris, le 9 décembre 2017.  (THIBAULT CAMUS / POOL / AFP)

"Parmi les justificatifs de dépenses se trouvent, pêle-mêle, les factures des fleuristes, qui n'ont pas lésiné sur la commande, des notes d'hôtel pour le logement de tous les invités, ainsi que leurs notes de taxi, les frais de location de la sonorisation… Cerise sur cet étrange gâteau, la facture du cercueil est agrafée à la liasse", détaille l'ancien salarié de la présidence, qui rapporte ensuite un échange téléphonique avec le manager. "Vous vous étiez engagés à prendre en charge les obsèques", assure ce dernier. Une affirmation directement retoquée par Alexandre Benalla : "On vous a effectivement dit que nous prenions en charge l'hommage national. Pas la location de matériel de sonorisation, l'achat de fleurs, sans parler du cercueil"

Une "bataille" avec "les gorilles de Poutine" 

En mai 2017, le président russe Vladimir Poutine est reçu par Emmanuel Macron au château de Versailles. L'occasion pour Alexandre Benalla de dépeindre un épisode un peu cocasse sur la cohabitation entre le service d'ordre français et la sécurité russe. "Le jour dit, la bataille est féroce entre les gorilles de Poutine et les agents du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République)", décrit le Monsieur sécurité de l'Elysée. "On s'échange en toute discrétion des coups d'épaule à vous envoyer dans le décor, mais les Russes tiennent bon", poursuit-il. 

Pas question pour l'ancien collaborateur fanfaron d'Emmanuel Macron de se laisser marcher sur les pieds. C'est lui qui donne les ordres et c'est lui qui doit gagner. "Après quelques échanges virils et autres arrachages de chemises, les Russes battent en retraite", prétend-il.