Échanges entre Alexandre Benalla et Emmanuel Macron : "Le ton est très copain, très camarade", décrit Mediapart

Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart, évoque les échanges que l'ancien chargé de mission à l'Élysée qualifie d'"aléatoires mais très fréquents" depuis cet été avec le président de la République.

Le journaliste de \"Mediapart\" Fabrice Arfi, le 3 février 2014.
Le journaliste de "Mediapart" Fabrice Arfi, le 3 février 2014. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Alexandre Benalla refait parler de lui. Une semaine après la nouvelle affaire des passeports diplomatiques, il a pris la parole dans la nuit de dimanche à lundi sur Mediapart. Ses propos viennent contredire la ligne de défense de l'Élysée, qui affirme que tout lien avec l'ancien chargé de mission de la présidence a été rompu après son licenciement l'été dernier.

"Ce que dit Alexandre Benalla, d'une manière à la fois ferme et sereine, c'est qu'il a très régulièrement échangé, essentiellement par le biais de l'application de messagerie cryptée Telegram, avec le président de la République, Emmanuel Macron, mais aussi avec d'autres personnes de l'Élysée qu'il fréquentait du temps où il collaborait avec la présidence de la République. Ces échanges ont eu lieu sur des thématiques diverses, de la crise sociale des 'gilets jaunes' à son sentiment sur telle ou telle personnalité, ou des questions sécuritaires et de maintien de l'ordre, sur lesquelles Alexandre Benalla revendique des compétences particulières", explique lundi 31 décembre sur franceinfo Fabrice Arfi, qui a recueilli les confidences d'Alexandre Benalla pour Mediapart.

Des échanges "très fréquents"

"De ce que raconte Alexandre Benalla, les échanges étaient aléatoires mais très fréquents depuis l'été dernier, exactement comme il le faisait avant quand il travaillait avec Emmanuel Macron, décrit Fabrice Arfi. Il était consulté de manière informelle, ce n'était pas un conseiller politique officiel dans l'organigramme. Emmanuel Macron voyait en lui quelqu'un qui échappait au 'moule' des technocrates et des énarques. Cela a continué en dépit de son éviction et de sa mise à l'écart de la présidence. Le ton est très copain, très camarade, c'est 'Alex', c'est 'qu'est-ce que tu penses de ci, de ça', comme des sondages personnels."

Les échanges se sont interrompus un peu brusquement à la faveur des dernières révélations de Mediapart sur l'affaire des passeports diplomatiques.Fabrice Arfià franceinfo

"On a des raisons objectives de penser que ce que dit Alexandre Benalla est vrai, explique Fabrice Arfi. La balle est dans le camp de la présidence de la République. Depuis le début du mois de juillet, ce qu'on appelle 'l'affaire Benalla', on peut s'attendre à tout. Comment un homme, un seul, qui a eu des fonctions subalternes à l'Élysée peut à ce point, à chacun de ses faits et gestes, faire dérailler quasiment toute la machine étatique et rendre chèvre la présidence de la République ?"