Affaires Baupin ou Cahuzac : comment Mediapart arrive-t-il à dénoncer autant d'affaires ?

Mediapart a fait des révélations sur l'affaire Denis Baupin, l'affaire Benalla, l'affaire Cahuzac ou encore l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Comment ses journalistes travaillent ?

FRANCEINFO

"Le luxe et le sel de Mediapart, c'est qu'on a du temps pour en perdre. Ça ne se voit pas, mais on passe plus de temps à ne pas publier qu'à publier", affirme Fabrice Arfi, co-responsable du service des enquêtes.

Lenaïg Bredoux, qui travaille sur les violences sexuelles, confirme : "C'est sûr que c'est un luxe de pouvoir consacrer le temps qu'on veut à une enquête. Ça veut dire passer plusieurs semaines, plusieurs mois sans publier de papiers, sans assurer son poste habituel".

"On travaille depuis l'été dernier sur Alexandre Benalla. On a régulièrement signé des papiers à trois personnes. On était à temps plein sur cette enquête. On met au pot commun nos sources, un certain nombre de documents", explique la journaliste Marine Turchi.

"Est-ce que c'est d'intérêt public ?"

"L'écriture d'un article, ce n'est pas ce qui nous prend le plus de temps. L'essentiel de notre travail consiste à obtenir des informations", ajoute Fabrice Arfi.

Certains parlent d'atteinte à la vie privée quand les journalistes se procurent par exemple des enregistrements personnels. "Nous n'espionnons personne, nous ne volons aucun document, nous avons des documents imprimés, audio, vidéo à partir de ces sources dont nous protégeons le secret, et après une décision qui nous appartient, c'est : est-ce que c'est d'intérêt public ? Sur quelque 200 procès, nous n'en avons perdu que cinq", explique Edwy Plenel, co-fondateur et directeur de la publication.

Le journal vient de faire face à un procès. Il est accusé de diffamation par l’ancien député de Paris Denis Baupin. La procureure a requis la relaxe pour Mediapart.

Le logo du site d\'information Mediapart, le 28 décembre 2016.
Le logo du site d'information Mediapart, le 28 décembre 2016. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)