Affaire Benalla : un témoin clef affirme avoir des informations sur un deuxième coffre-fort et veut être entendu par la justice

D'après une source proche de l'enquête jointe ce vendredi par franceinfo, Chokri Wakrim "doit être entendu prochainement" dans cette affaire.

Alexandre Benalla lors de son audition devant la commission d\'enquête du Sénat, le 21 janvier 2019.
Alexandre Benalla lors de son audition devant la commission d'enquête du Sénat, le 21 janvier 2019. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le militaire Chokri Wakrim, un des protagonistes de l'affaire Benalla, insiste vendredi 15 novembre pour être entendu dans l'enquête sur le coffre-fort de l'ex-chargé de mission de l'Élysée, assurant disposer d'"informations" sur l'existence d'un second coffre. Dans une lettre adressée au procureur de Paris Rémi Heitz, que franceinfo s'est procurée, cet ancien proche d'Alexandre Benalla assure avoir sollicité à plusieurs reprises les enquêteurs en charge de l'affaire afin d'être entendu, en vain.

Chokri Wakrim avait été accusé début 2019 dans un article du journal Libération d'avoir déplacé le coffre-fort d'Alexandre Benalla, introuvable lors d'une perquisition menée au domicile de l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron. Il avait alors démenti tout rôle dans cette disparition.

Depuis lors, j'ai contacté à plusieurs reprises le responsable de la brigade criminelle de Paris chargé de l'enquête afin de pouvoir être entendu sur ces faits, établir sans ambiguïté ma pleine et entière innocence.Chokri Wakrim

L'homme précise vouloir également "transmettre des informations" dont il assure avoir été "témoin", "concernant l'existence d'un deuxième coffre appartenant à Monsieur Benalla, présent à l'Elysée". L'avocat de Chokri Wakrim, Me Arié Alimi, indique pour sa part dans un communiqué que franceinfo s'est procuré, qu'il a lui-même à son tour sollicité le procureur de la République de Paris, le 5 novembre dernier, afin de demander pourquoi son client n'était pas entendu dans ce dossier.  Mais "le procureur de la République de Paris a préféré se dessaisir au profit d'un juge d'instruction le 5 novembre dernier", explique l'avocat qui trouve "profondément dramatique" ce manque de réponse de la justice.

Il souhaite expliquer ce qu'il sait sur ce deuxième coffre, sur ce qu'il en est advenu, et sur les personnes impliquées dans le devenir de ce coffre.Maître Arié Alimisur franceinfo

Son client souhaite collaborer, insiste Maître Alimi sur franceinfo, vendredi 15 novembre mais "simplement aujourd'hui, la justice l'en empêche, et je trouve cela profondément dramatique que la justice refuse d'entendre ou de connaître des choses sensibles peut-être pour protéger l'exécutif ou la présidence de la République", s'interroge l'avocat de Chokri Wakrim.

D'après une source proche de l'enquête jointe vendredi par franceinfo, Chokri Wakrim "doit être entendu prochainement" dans cette affaire.