Des documents étayent la mise en examen de Sarkozy

Le Monde a eu accès à des documents qui le confirment : Nicolas Sarkozy aurait bien promis d'intervenir en faveur du haut magistrat Gilbert Azibert, à Monaco, ce pour quoi il a été mis en examen pour corruption au début du mois.

(Nicolas Sarkozy lors de sa contre-attaque médiatique © Maxppp)

Les documents du dossier que se sont procurés deux journalistes du quotidien Le Monde viennent étayer les chefs de poursuite contre Nicolas Sarkozy. Au début du mois, l'ex-chef de l'Etat a été mis en examen pour trafic d'influence actif, corruption active et recel de violation de secret professionnel. Il avait ensuite violemment critiqué les juges lors d'une interview dénonçant "une volonté de l'humilier ".

Selon des extraits d'écoutes téléphoniques diffusées par Le Monde samedi, Nicolas Sarkozy a bien promis d'intervenir pour aider le haut magistrat Gilbert Azibert à obtenir un poste de prestige à Monaco, avant de reculer subitement. Gilbert Azibert a lui aussi été mis en examen, soupçonné d'avoir obtenu des informations couvertes par le secret et renseigné le camp Sarkozy dans l'affaire Bettencourt, mais aussi d'avoir tenté d'influer sur le cours de la justice en sa faveur.

Les explications de Fabrice Lhomme, d'un des deux journalistes du Monde
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Le Monde rapporte ces propos entre l'ex-président et son avocat Thierry Herzog le 5 février 2014 : 

"Il m'a parlé d'un truc sur Monaco, parce qu'il voudrait être nommé au tour extérieur", commence Me Herzog. "Je l'aiderai", répond M.Sarkozy, qui lâche cette phrase à propos du magistrat : "Moi, je le fais monter."
 

Puis le 25 février encore, Le Monde rapporte ces propos de Nicolas Sarkozy :

"Je voulais te dire, pour que tu puisses le dire à Gilbert Azibert, que j'ai rendez-vous à midi avec Michel Roger, le ministre d'Etat de Monaco (...) Je t'appellerai pour te dire ce qu'il en est".

Puis le 26 février, Nicolas Sarkozy rappelle son avocat pour lui dire qu'il a renoncé. D'après le quotidien, les enquêteurs "pensent avoir établi " que Sarkozy et Herzog ont appris le 25 février que la ligne secrète était aussi sur écoute et qu'"ils auraient donc adapté leur discours " et "éventuellement, leurs actes ".