Contre la "taxe tampon", elles collent des serviettes hygiéniques "ensanglantées" autour de l'Assemblée nationale

Un collectif féministe nommé "les Vulves enragées" a mené cette action quelques jours après le rejet d'un taux de TVA réduit pour les protections hygiéniques féminines, proposé par des députés socialistes.

Tampons et serviettes hygiéniques ont été accrochés près de l\'Assemblée nationale, mardi 20 octobre.
Tampons et serviettes hygiéniques ont été accrochés près de l'Assemblée nationale, mardi 20 octobre. (LES VULVES ENRAGEES)

"Action sanglante sur l'assangblée", revendique le collectif. Baptisé "les Vulves enragées", un groupe féministe a collé tampons et serviettes hygiéniques sur les murs de l'Assemblée nationale et aux alentours, mardi 20 octobre. Badigeonnés de peinture rouge (ou de ketchup), ces produits d'hygiène féminine symbolisent la colère de ces militantes après le refus des députés d'y appliquer un taux de TVA réduit à 5,5%, contre 20% aujourd'hui. C'est un autre collectif féministe de Sciences Po Paris, "Garçes", qui publie les photos du happening et relaie le message sur Facebook et Twitter.

"L'action a dû s'arrêter à l'arrivée de la police nationale", précise Garçes. "Aux protestations des Vulves enragées 'Mais c'est dégueulasse !' il a été répondu 'Oui c'est dégueulasse' avec dégoût", ajoute le collectif étudiant.

"Comme si nos règles n'existaient pas"

Sur le tract intitulé "Incroyables, ces féministes !" qui accompagnait tampons et serviettes rouges, les Vulves enragées estiment que, "en ne reconnaissant pas les protections hygiéniques comme des produits de première nécessité, nos député.e.s méprisent nos quotidiens, et nous obligent, une fois de plus, à faire comme si nos règles n’existaient pas". Elles interpellent les députés sur le tabou qui entoure les règles : "Combien de temps encore allons-nous devoir avoir honte de nos corps ? Un problème 'spécifique'. Une affaire privée." 

Plus tôt dans la semaine, c'est la chroniqueuse Sophia Aram qui épinglait les élus, rappelant que les sodas, notamment, sont taxés à 5,5%. "J'ai essayé la canette de coca à la place du tampon, c'est vachement moins efficace", se moquait-elle, sur France Inter.