Claude Guéant entendu dans l'enquête sur la nomination de François Pérol à la BPCE

François Pérol, proche de Nicolas Sarkozy, avait été nommé en 2009 à la tête du groupe Banque populaire-Caisse d'Epargne. Des associations et syndicats dénoncent un conflit d'intérêts, sur lequel la justice enquête.

L\'ancien ministre de l\'Intérieur Claude Guéant, le 4 avril 2013 à Paris.
L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, le 4 avril 2013 à Paris. ( MAXPPP)

L'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a été entendu lundi 20 janvier à Paris dans l'enquête sur la nomination controversée en 2009 de François Pérol, un proche de Nicolas Sarkozy, à la tête du groupe Banque populaire-Caisse d'Epargne (BPCE). L'ancien ministre de l'Intérieur a confirmé son audition comme témoin par le juge Roger Le Loire au pôle financier du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Il s'est refusé à tout autre commentaire.

Lancée en 2010, l'enquête porte sur les conditions dans lesquelles François Pérol avait été nommé à la tête de BPCE en février 2009, après avoir passé deux années à l'Elysée comme secrétaire général adjoint, chargé des dossiers économiques. Claude Guéant était alors secrétaire général de la présidence de la République. En novembre 2012, François Pérol a été reconduit à la tête de BPCE jusqu'en 2016 par le conseil de surveillance du groupe.

Plaintes d'Anticor et de syndicats

La nomination de François Pérol avait été la cible de vives critiques, de la gauche et de syndicats de la banque, qui dénonçaient un conflit d'intérêts, car il avait pris part à l'Elysée aux négociations sur la fusion entre la Caisse d'Epargne et la Banque populaire. La loi interdit en effet à tout fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée, avec laquelle il a conclu un contrat ou qu'il a conseillée sur ses opérations dans les trois ans précédant son passage du public au privé.

Une deuxième polémique était née car la Commission de déontologie de la fonction publique n'avait pas été saisie, contrairement à ce qu'avait affirmé Nicolas Sarkozy. Son président, Olivier Fouquet, avait donné un avis favorable à l'Elysée mais il s'agissait d'une "opinion personnelle", avait-il précisé. François Pérol s'était défendu en affirmant qu'il n'avait eu qu'un rôle de conseil auprès de Nicolas Sarkozy, qui n'entrait pas dans le champ des interdictions prévues par la loi.

L'association anticorruption Anticor avait déposé une première plainte en mars 2009, suivie par les syndicats CGT et Sud des Caisses d'Epargne. Après avoir entendu François Pérol, le parquet avait classé une première enquête sans suite, puis il s'était opposé à l'ouverture d'une information judiciaire, finalement ordonnée par la Cour de cassation en juin 2012. Plusieurs auditions ont d'ores et déjà eu lieu dans ce dossier, de même que des perquisitions. Récemment, les enquêteurs se sont rendus chez un avocat, François Sureau, dont le nom était cité dans un courrier anonyme adressé au juge.