Arnaud Montebourg, arbitre du second tour

Les soutiens de François Hollande ou de Martine Aubry ont multiplié lundi matin les appels du pied aux électeurs d'Arnaud Montebourg, arrivé en troisième position devant Ségolène Royal

Arnaud Montebourg au soir du premier tour de la primaire.
Arnaud Montebourg au soir du premier tour de la primaire. (THOMAS COEX / AFP)

Les soutiens de François Hollande ou de Martine Aubry ont multiplié lundi matin les appels du pied aux électeurs d'Arnaud Montebourg, arrivé en troisième position devant Ségolène Royal

A qui iront ses voix ? Le député de Saône et Loire, qui se retrouve arbitre du second tour de la primaire avec ses 17% dimanche soir, pourrait préciser sa position lundi soir sur France 2 au JT de 20h00.

Pour Pierre Moscovici, coordonnateur de la campagne de François Hollande, "il s'agit d'entendre ce qu'Arnaud Montebourg a vraiment porté : une exigence républicaine, de renouvellement en politique et une réorientation de la construction européenne", évoquant aussi sur Canal Plus "la lutte contre les délocalisations".

"Arnaud Montebourg et ses amis doivent se poser la question de savoir quel est le rassemblement le plus efficace pour battre Nicolas Sarkozy et je crois que c'est autour du candidat arrivé en tête, autour de François Hollande. Ensemble nous bâtirons une coalition de gauche pour la France", a ajouté M. Moscovici, répétant qu'il n'y aurait pas de "tractations". "François Hollande va montrer son caractère. Ce n'est pas la gauche molle. Ce n'est pas un balladurien", a-t-il glissé en perspective du débat de l'entre-deux-tours.

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Hollande va appeller tous les candidats lundi
François Hollande a lui-même indiqué lundi, sur RTL, qu'il appellerait tous les candidats de la primaire dans la journée de lundi. Au premier tour, "un message a été prononcé à travers Arnaud Montebourg, c'est-à-dire une volonté de protection par rapport à la mondialisation et une volonté de moralisation de la vie politique, je l'entends". Le député de Corrèze a toutefois expliqué qu'il devait "garder (sa) cohérence". L'ancien premer secrétaire du PS devrait en dire plus sur ses intentions ce soir sur France 3 au 19/20.

Dimanche son partisan, Jean-Marie Le Guen s'est déjà dit partisan d'un "protectionnisme européen".

Dans le camp Aubry, on reprend des thèmes chers à Arnaud Montebourg. "Il faut des mesures radicales vis à vis des banques, pour qu'elles arrêtent de spéculer contre des produits qui provoquent des catastrophes. Il faut lutter contre la corruption, les paradis fiscaux", a déclaré sur Canal Plus l'ancienne garde des Sceaux, Elisabeth Guigou. "Je pense que Martine Aubry a porté cette idée de changement profond pendant toute la campagne quand elle a dit qu'il faut réindustrialiser la France, mettre le paquet sur l'emploi, faire en sorte qu'on ait une Europe qui protège et qui innove", a ajouté la députée de Seine-Saint-Denis.

Pour Laurent Fabius, autre soutien de Martine Aubry, la "ligne" suivie par la maire de Lille était "tout à fait compatible" avec les propositions d'Arnaud Montebourg.

Quant à Ségolène Royal, perdante de cette primaire, elle a fait savoir qu'elle dirait "prochainenement" à ses électeurs dans quel sens voter au second tour. Ses voix peuvent faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre.

A gauche de la gauche
Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la Présidentielle, a rendu hommage au succès des primaires et il a salué le score d'Arnaud Montebourg. "Je note surtout la percée spectaculaire d'Arnaud Montebourg et des idées de rupture qu'il porte dans des termes souvent identiques à ceux du Front de Gauche", écrit-il sur son blog. "Je forme le vœu qu'il n'en diminue pas la signification et la portée. J'espère donc qu'il n'accepte aucun marchandage", ajoute-t-il.

Même tonalité chez Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), qui affirme sur son site : "Le score d'Arnaud Montebourg traduit l'existence forte à gauche des idées que nous portons visant à remettre en cause la mondialisation libérale".