Trafic d'influence : la justice valide les écoutes de Sarkozy

Les avocats de l'ancien président ont annoncé qu'ils se pourvoyaient en cassation.

Le président de l\'UMP, Nicolas Sarkozy, le 22 avril 2015, à Nice (Alpes-Maritimes).
Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, le 22 avril 2015, à Nice (Alpes-Maritimes). (JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP)

Les écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy et de son avocat sont valides. La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi 7 mai la validité de ces écoutes, ont annoncé les avocats de l'ancien président de la République. Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy a été mis en examen à l'été 2014 pour "corruption active", "trafic d'influence actif" et "recel de violation du secret professionnel". "Nous allons immédiatement nous pourvoir en cassation", ont ajouté les conseils de Nicolas Sarkozy.

"Contrairement à ce que nous pouvions légitimement espérer, la cour n'a pas fait droit à l'essentiel de nos moyens de nullité, à une seule exception", a déclaré l'un de ses avocats, Paul-Albert Iweins. Selon une source proche du dossier, l'exception en question est accessoire dans l'enquête.

Le téléphone de "Paul Bismuth"

Sur la base d'écoutes d'un téléphone d'emprunt, enregistré au nom de Paul Bismuth, le président de l'UMP est soupçonné d'avoir en 2014 sollicité le haut magistrat Gilbert Azibert par l'intermédiaire de son avocat Thierry Herzog "pour tenter d'influer sur une décision" de la Cour de cassation le concernant dans l'affaire Bettencourt, résume une source proche de l'enquête. "Ou, à tout le moins, pour tenter d'obtenir des informations confidentielles", poursuit cette source.

En échange, Nicolas Sarkozy aurait promis d'intervenir pour que le magistrat obtienne un poste de prestige à Monaco. Finalement, l'ex-président n'a pas obtenu gain de cause, ni Gilbert Azibert le poste convoité. Cette thèse des enquêteurs est "une insulte à [son] intelligence", s'était indigné Nicolas Sarkozy, qui avait vu dans son placement en garde à vue, en juillet 2014 – une mesure inédite pour un ex-présiden –, une "volonté de [l']humilier publiquement".