Demande de renvoi de Nicolas Sarkozy en correctionnelle : "C'est une affaire incroyable et scandaleuse" estime Anticor

Selon le président de l'association anti-corruption Anticor, Jean-Christophe Picart, cette affaire "montre un état d'esprit, un président qui veut porter atteinte à la séparation des pouvoirs". 

 Nicolas Sarkozy, le 27 septembre 2017.
 Nicolas Sarkozy, le 27 septembre 2017. (BENJAMIN CREMEL / BENJAMIN CREMEL)

Alors que le parquet national financier (PNF) a demandé, vendredi 6 octobre, le renvoi de Nicolas Sarkozy devant un tribunal correctionnel dans l’affaire dite des écoutes, cela démontre "bien l'utilité du parquet national financier qui va vite qui est assez courageux" a réagi samedi sur franceinfo, Jean-Christophe Picart, président de l'association anti-corruption Anticor. "On a besoin aujourd'hui du PNF qui est calibré pour des affaires comme ça pour pouvoir avancer sereinement et pouvoir être efficace", a-t-il affirmé.

"Je serais quand même surpris qu'on nous dise qu'il n'y a rien"

"C'est un événement quand même cette affaire" a-t-il estimé. "Parce que si jamais le juge d'instruction confirme et rend une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, ce serait la première fois qu'un président en exercice serait jugé pour des faits de corruption" souligne t-il.

"Le juge d'instruction peut" aussi "rédiger une ordonnance de non-lieu, mais quand même les éléments qui sont publics, sont quand même assez accablants, je serais surpris qu'on nous dise qu'il n'y a rien". C'est une "affaire incroyable et scandaleuse", a poursuivi le président d'Anticor. "Il faut rappeler que c'est un président qui aurait essayé d'acheter un juge", a-t-il insisté.

Dans cette affaire, l'ancien président de la République communiquait avec son avocat Thierry Herzog, par l'intermédiaire d'une ligne téléphonique ouverte au nom de Paul Bismuth, pour tromper la vigilance des magistrats.

"Il faut vraiment qu'on siffle la fin de la récréation et qu'on arrête ce type d'agissements"

Le président de l'association anti-corruption se dit  "un peu étonné qu'il n'y ait pas eu de poursuite ou qu'il n'y aurait pas de poursuite pour usurpation d'identité. Il faut se rappeler qu'il y a un vrai Paul Bismuth qui a eu sa réputation salie et je crois qu'on aurait mérité cette citation pénale", a déclaré le président d'Anticor.

Pour lui, cette affaire "montre un état d'esprit, un président qui veut porter atteinte à la séparation des pouvoirs (…), on voit quel type de manœuvres que certains veulent faire pour contrôler la justice. Ce n'est vraiment pas sain. Il faut vraiment qu'on siffle la fin de la récréation et qu'on arrête ce type d'agissements. Il faut que l'exécutif reste à sa place et que les juges restent indépendants", conclut Jean-Christophe Picart.