VIDEO. Des réserves, à droite comme à gauche, sur la lutte contre les conflits d'intérêts

La loi en préparation viserait à mettre fin au cumul de certaines activités professionnelles, comme celle d'avocat d'affaires avec l'exercice d'un mandat de député ou de sénateur. Les députés, interrogés par France 2, ont pour le moins quelques réserves.

France 2

Le projet de moralisation de la vie politique suscite déjà des critiques, à droite comme à gauche. La loi en préparation devrait prévoir la publication du patrimoine des parlementaires et des ministres. Il viserait aussi à mettre fin aux conflits d'intérêts. Autrement dit au cumul de certaines activités professionnelles, comme celle d'avocat d'affaires, avec l'exercice d'un mandat de député ou de sénateur. Les députés, interrogés par France 2 mardi 9 avril dans les couloirs de l'Assemblée, ont pour le moins quelques réserves. 

"Un chirurgien qui s'occupe des cheveux se fait piquer avec un compte en Suisse et on s'en prend aux avocats", ironise Gilbert Collard, faisant une allusion à l'affaire Cahuzac. Le député lepéniste est aussi avocat et continue à plaider. "C'est encore cette espèce de volonté de transformer le Parlement en laquais de la communication gouvernementale", estime-t-il.

"On devrait faire une distinction"

"C'est une mauvaise chose", tranche l'UMP Bruno Le Maire. Le député de l'Eure se dit "contre la professionnalisation à outrance des responsables politiques". "Comment prétendre représenter la nation dans sa diversité en interdisant l'expression de la diversité de la nation", s'interroge son collègue des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti.

Si on ajoute à cette réforme celle du non cumul des mandats et l'introduction de la proportionnelle, "vous n'aurez que des technocrates à l'Assemblée nationale", promet Luc Chatel. "Nous n'en voulons pas", lance le vice-président délégué de l'UMP.

"Je pense qu'on devrait faire une distinction", tempère la socialiste Elisabeth Guigou. "Avocat d'affaires, non, parce que ça peut induire du lobbying et des conflits d'intérêts. Médecin, lié à des laboratoires pharmaceutiques, non. Mais avocat de la veuve et de l'orphelin ou des jeunes délinquants et médecin de campagne, oui", explique la députée de Seine-Saint-Denis.

Elisabeth Guigou, députée PS de Seine-Saint-Denis, le 2 octobre 2012 à l\'Assemblée nationale (Paris). Elle fait partie des élus réservés sur le projet de moralisation de la vie politique.
Elisabeth Guigou, députée PS de Seine-Saint-Denis, le 2 octobre 2012 à l'Assemblée nationale (Paris). Elle fait partie des élus réservés sur le projet de moralisation de la vie politique. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)