Lutte contre la corruption : Transparency France salue "une amorce de changement de culture" depuis l'affaire Cahuzac

Transparency France publie lundi un bilan du quinquennat de François Hollande en matière de transparence de la vie publique et de lutte contre la corruption. Laurène Bounaud, chargée de plaidoyer au sein de l'organisation, estime sur franceinfo qu'il y a eu un "électrochoc Cahuzac".

François Hollande et Jérôme Cahuzac ci-contre le 4 juillet 2012 à l\'Elysée. L\'ex-ministre du Budget, qui a déclenché le plus retentissant scandale de la présidence Hollande, a été condamné le 9 décembre 2016 à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale. 
François Hollande et Jérôme Cahuzac ci-contre le 4 juillet 2012 à l'Elysée. L'ex-ministre du Budget, qui a déclenché le plus retentissant scandale de la présidence Hollande, a été condamné le 9 décembre 2016 à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale.  (MARION BERARD / AFP)

L'association Transparency France publie lundi 19 décembre un bilan du quinquennat de François Hollande en matière de transparence de la vie publique et de lutte contre la corruption et fait onze recommandations aux candidats àla prochaine élection présidentielle. Selon Laurène Bounaud, chargée de plaidoyer au sein de l'organisation, les avancées sont réelles.

franceinfo : Quelles sont les avancées majeures de ces cinq dernières années en matière de transparence et de lutte contre la corruption ?

Laurène Bounaud : Plusieurs grandes lois ont été adoptées depuis le début du quinquennat suite à "l’électrochoc Cahuzac". Des lois sur la transparence de la vie publique, mais aussi sur la lutte contre la délinquance économique et financière. La loi Sapin II, qui vient d’être adoptée par le parlement, reprend également des dispositions extrêmement importantes sur la protection des lanceurs d’alerte, sur les mesures anti-corruption en entreprise ou encore sur l’encadrement du lobbying.

Est-ce qu’on peut vraiment parler de transparence de la vie publique aujourd’hui ?

Cette amorce de changement de culture trouve déjà sa traduction dans un changement des pratiques - déclarations d’intérêts, déclarations de patrimoine, etc... - pour des milliers de décideurs publics, qui se retrouvent soumis à ces nouvelles obligations depuis quelques années. La limitation du cumul des mandats, plébiscitée par une large majorité de Français et qui entrera en vigueur en 2017, a aussi été une mesure phare.

Au-delà du bilan, quels progrès reste-t-il encore à faire, selon vous ?

Il y a plusieurs thématiques pour lesquelles nous avons fait des recommandations aux candidats à l'élection présidentielle. Elles portent sur la participation citoyenne ou demandent davantage de transparence autour de la fabrication de la loi. Nous formulons également des recommandations sur le financement de la vie politique, où la France n'est pas encore allée assez loin. Il faut plus de transparence sur l’usage des fonds publics, un meilleur contrôle des financements des partis et des campagnes électorales, afin d'éviter un nouveau Bygmalion. Il faut également des réformes importantes sur la probité des candidats, en exigeant un casier vierge pour tout candidat à une élection au suffrage universel

Vous allez soumettre onze recommandations aux candidats à l'élection présidentielle de 2017. Comment allez-vous procéder ?

Nous allons leur adresser un questionnaire très précis avec chacune de nos recommandations. Et nous leur demanderons de se positionner. Nous publierons ensuite ces questionnaires au fur et à mesure sur notre site internet.

Selon Laurène Bounaud, chargée de plaidoyer chez Transparency France, plusieurs grandes lois ont été adoptées depuis le début du quinquennat suite à "l’électrochoc Cahuzac". Elle répond à Louise Bodet
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