Affaire Tapie : garde à vue prolongée pour Stéphane Richard

Le PDG d'Orange et Jean-François Rocchi, ex-président du Consortium de réalisation (CDR), sont entendus dans l'enquête sur l'arbitrage ayant mis fin au litige entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais.

Le PDG d\'Orange et ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard, le 28 mai 2013 à Paris.
Le PDG d'Orange et ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard, le 28 mai 2013 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)

Stéphane Richard, patron d'Orange, et Jean-François Rocchi, ex-président du Consortium de réalisation (CDR), la structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais, ont vu mardi 11 juin leur garde à vue prolongée. Ils sont entendus dans le cadre de l'affaire Tapie depuis le lundi 10 juin. Francetv info revient sur les derniers éléments de cette enquête.

Sur quoi les juges enquêtent-ils ?

L'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde doit livrer ses explications sur le rôle et la responsabilité du ministère de l'Economie dans la décision, en 2007, de recourir à un arbitrage pour mettre fin au litige entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas. Les juges d'instruction du pôle financier de Paris enquêtent sur l'arbitrage qui a permis à l'homme d'affaires d'obtenir, en juillet 2008, 403 millions d'euros d'indemnités.

Ils cherchent à savoir si cet arbitrage a été entaché d'irrégularité, et s'attachent pour cela à démonter la chaîne de prises de décision ayant conduit au choix de recourir à un tribunal privé. Les juges étudient en particulier le mode de désignation des arbitres et la décision du gouvernement de ne pas contester cet arbitrage malgré des soupçons d'irrégularité. Stéphane Richard devrait être entendu en détail sur le rôle de Bercy et de l'Elysée.

Quel rôle Stéphane Richard a-t-il eu dans l'affaire Tapie ?

Il n'y a eu "ni ordre, ni instruction, ni pression particulière" de l'Elysée pour aller à l'arbitrage, a affirmé à plusieurs reprises à l'AFP l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, l'actuelle patronne du FMI, qui était ministre de l'Economie à l'époque. Selon Le Canard enchaîné, Stéphane Richard a soutenu le contraire au journal satirique, évoquant une "instruction" transmise par Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée, lors d'une réunion en 2007 avec lui-même et Jean-François Rocchi.

Depuis 2008, Christine Lagarde a toujours revendiqué la responsabilité de l'arbitrage et la décision de renoncer à en demander l'annulation. Elle a été placée récemment sous le statut de témoin assisté dans l'enquête la visant conduite par la Cour de justice de la République.

Stéphane Richard va-t-il démissionner d'Orange ?

Pas question de démissionner pour le moment, fait savoir un porte-parole d'Orange. "Stéphane Richard est à la tête de ce groupe, et il a un directeur général délégué, Gervais Pellissier, qui par la loi a les mêmes pouvoirs que lui et peut faire fonctionner l'entreprise en son absence. La garde à vue est une mesure usuelle dans une affaire complexe comme celle-ci", précise le groupe. 

"Si Stéphane Richard est mis en examen, il lui sera difficile de rester", avait estimé de son côté Arnaud Montebourg, le 6 juin. Toutefois, le PDG d'Orange, contacté par Le Monde, avait déclaré avoir obtenu de l'Elysée l'assurance de son maintien à la tête du groupe.