Où en est l'affaire qui vise Richard Ferrand, candidat de la majorité à la présidence de l'Assemblée nationale ?

Désigné lundi candidat LREM au perchoir, Richard Ferrand est notamment soupçonné de "prise illégale d'intérêts" dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne.

Richard Ferrand lors du Congrès du Parlement, à Versailles (Yvelines), le 9 juillet 2018.
Richard Ferrand lors du Congrès du Parlement, à Versailles (Yvelines), le 9 juillet 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Les députés de La République en marche ont désigné, lundi 10 septembre, Richard Ferrand comme candidat de la majorité à la présidence de l'Assemblée nationale. Une victoire qui lui assure d'être élu au perchoir lors de l'élection qui se tiendra mercredi. Menacé par la candidature de Barbara Pompili, l'élu a obtenu plus de 64,26% des voix.

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Mais pour celui qui est encore le patron des députés LREM à l'Assemblée, le ciel n'est pas pour autant tout bleu : l'affaire des Mutuelles de Bretagne pèse encore comme une épée de Damoclès sur son avenir politique.

Ce dossier avait précipité son départ du gouvernement, en juin 2017. A l'époque, le parquet de Brest ouvre une enquête préliminaire sur ses activités passées à la tête des Mutuelles de Bretagne de 1998 à 2012. Le parquet souhaitait alors établir s'il y avait lieu de le poursuivre pour avoir permis, en 2011, à la société immobilière de sa compagne, Sandrine Doucen, d'emporter un marché lors de la location d'un local commercial par les Mutuelles de Bretagne. Richard Ferrand avait finalement bénéficié d'un classement sans suite de la justice, en octobre 2017.

Nouvelle plainte

Mais l'affaire a rebondi en janvier 2018. Cette fois-ci, c'est le parquet national financier (PNF) qui se penche sur le dossier. Après une plainte avec constitution de partie civile déposée par l'association Anticor, le PNF ouvre une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts", "recel" et "complicité" de ce délit. "C'est une bonne nouvelle pour deux raisons : d'abord, car le parquet national financier a rendu des conclusions différentes du parquet de Brest, et ensuite, car l'enquête sera pilotée par un magistrat indépendant", avait réagi l'association citée par Le Figaro.

Dernier rebondissement en date, Richard Ferrand a obtenu en juillet 2018 que le pôle financier du tribunal de Paris soit dessaisi du dossier. Un dépaysement obtenu en raison de la présence dans le dossier d'Eric Alt, vice-président d'Anticor et magistrat au tribunal de grande instance de Paris. C'est désormais un juge de Lille qui se penche sur l'avenir judiciaire du ministre. Il risque jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 200 000 euros d'amende dans cette affaire.