"C'est insupportable, il est évident que l'État français n'est pas clair dans cette affaire" : le premier procès de l'affaire Karachi s'ouvre

Le premier procès de l'affaire Karachi s'ouvre lundi 7 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris, 17 ans après l'attentat au Pakistan. franceinfo a rencontré l'un des survivants de l'attaque.

La scène de l\'attentat de Karachi, au Pakistan, le 8 mai 2002.
La scène de l'attentat de Karachi, au Pakistan, le 8 mai 2002. (REHAN ARIF / AFP)

L'affaire Karachi arrive devant la justice par son volet financier, lundi 7 octobre. Six personnes vont devoir répondre devant le tribunal correctionnel de Paris de soupçons de commissions occultes en marge de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur, en 1995.

L'attentat de Karachi au Pakistan, en 2002, a causé la mort de onze employés français de la Direction de la construction navale. Cette attaque à la voiture piégée pourrait avoir été une vengeance à l'arrêt de rétrocommissions illégales. L'attentat avait également blessé douze personnes, dont Gilles Sanson que franceinfo a rencontré.

"J'attends beaucoup de la France et de la justice"

De ce 8 mai 2002, Gilles Sanson se souvient de chaque seconde. Le bruit de l'explosion quand le bus des employés de la DCN est percuté par la voiture piégée, l'odeur de brûlé, le moment où il réalise qu'il est l'un des seuls rescapés. "Je n'ai pas perdu connaissance, très vite j'ai vu que j'avais un bras broyé, et que mes pieds étaient complètement explosés. Je suis sorti du bus en rampant et je me suis assis au pied du cratère, la route était encore chaude."

Autour de lui, les corps décharnés de ses collègues. C'est pour eux que Gilles Sanson se bat chaque jour. "J'ai passé un tiers de ma vie avec l'affaire Karachi, je m'en serais bien passé et ma famille aussi. Mais j'ai un devoir, c'est de me battre jusqu'au bout pour obtenir la vérité dans cette affaire. J'attends beaucoup de la France et de la justice pour y arriver." Gilles Sanson ne veut rien rater du procès qui s'ouvre à Paris, il veut regarder en face ceux qu'il considère comme responsables de ce drame.

Onze morts, douze blessés grave, 27 orphelins, et on vous dit que des gens ont joué avec les commissions des contrats d'armement. C'est complètement insupportable. Il est évident que l'État français n'est pas clair dans cette affaire.Gilles Sanson, rescapé de l'attentat de Karachià franceinfo

L'État et en premier lieu Édouard Balladur, que Gilles Sanson aurait bien voulu voir à la barre durant ce procès. Mais il sera jugé plus tard devant la Cour de justice de la République, un tribunal réservé aux anciens ministres.