Port du Havre: un ex-membre du conseil de surveillance dit avoir appris le possible conflit d'intérêt d'Alexis Kohler par la presse

L'ancien élu CGT affirme à franceinfo que l'actuel secrétaire général de l'Élysée n'avait pas mentionné à l'époque ses liens familiaux avec le groupe MSC. 

Alexis Kohler, le 26 juillet 2018. 
Alexis Kohler, le 26 juillet 2018.  (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Thierry Bonnaire, ancien technicien de maintenance au Port du Havre et ancien élu CGT siégeant au conseil de surveillance, affirme, mercredi 8 août à franceinfo, qu'Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, n'a jamais officiellement déclaré ses liens familiaux avec le groupe MSC, dirigé par des cousins de sa mère, lorsqu'il était lui-même membre du conseil de surveillance du Port du Havre.

"C'est dans le Canard enchaîné que j'ai appris", les liens familiaux entre Alexis Kohler et MSC, assure l'ancien syndicaliste. "En plus, ce qui est assez curieux dans ces choses-là, c'est que vous devez déclarer vos conflits d'intérêt possibles avec des entreprises travaillant sur le domaine portuaire", ajoute-t-il.

Le secrétaire général de l'Élysée a participé au vote

"Je sais que, étant donné qu'il était membre du conseil de surveillance et représentant de l'État, c'est vrai qu'il poussait à ce que les projets sur Port2000 [projet de réaménagement du port du Havre] se fassent et, dans les projets sur Port2000, bien entendu, il y avait l'attribution à TiL MSC, qui est une filiale de MSC, pour opérer la manutention sur le terminal", poursuit Thierry Bonnaire.

Selon les PV consultés par franceinfo, l'actuel secrétaire général de l'Elysée a bien participé au vote et approuvé des contrats, en 2010 et 2011, entre l'infrastructure portuaire et l'entreprise maritime.

Interrogé sur le fait de savoir si Alexis Kohler était particulièrement offensif pour que la décision se fasse en faveur de MSC, l'ancien syndicaliste répond : "Non, je ne vais pas dire qu'il était à l'offensive. Les gens, quand il y a des conflits d'intérêt ne participent pas au vote. La problématique c'est que, encore faut-il que les gens aient déclaré leur conflit d'intérêt."