A Béziers, "la police municipale a un nouvel ami" : un pistolet

Dans cette commune de l'Hérault dirigée par Robert Ménard, une campagne de publicité vante l'armement des policiers municipaux. Contacté par francetv info, le maire assume cette affiche.

Une photo de l\'affiche publicitaire visible dans les rues de Béziers (Hérault), envoyée par un internaute de francetv info.
Une photo de l'affiche publicitaire visible dans les rues de Béziers (Hérault), envoyée par un internaute de francetv info. (FRANCETV INFO )

L'affiche publicitaire ne passe pas inaperçu à Béziers. Depuis le 1er février, la police municipale de cette commune de l'Hérault est armée. Le maire Robert Ménard, élu avec le soutien du FN lors des dernières élections, veut que cela se sache. Des centaines d'affiches ont été placardées dans la ville, rapporte, mercredi 11 février, Midi Libre. "Désormais, la police municipale a un nouvel ami", proclame le slogan, accompagné d'un pistolet, un 7.65 automatique, flanqué des couleurs du drapeau français.

La campagne choc fait réagir de nombreux internautes qui dénoncent une "affiche affligeante" et l'atmosphère de "far west" qu'elle évoque.

"Une incitation à la haine"

De son côté Robert Ménard, contacté par francetv info, assume cette affiche : "Nous ne voulions pas une affiche institutionnelle et mièvre, notre affiche est percutante et le message est clair. On appelle un chat, un chat." Le maire de Béziers rappelle qu'il s'agit "d'une promesse de campagne". "Nous sommes là du côté des honnêtes gens, la police municipale est armée et cela rassure", poursuit-il.

Une initiative condamnée par la classe politique. Le Parti communiste évoque "une provocation", dans un communiqué. "La campagne d'affichage à Béziers invite à un climat de peur et de haine quand, à l'opposé, des millions de personnes ont fait le choix de la fraternité et du vivre ensemble", écrit le PCF en référence à la mobilisation du 11 janvier après les attentats en France. Le député PS de l'Hérault Sébastien Dénaja assure au Lab d'Europe 1 qu'il est "personnellement favorable à l'armement de la police municipale". Mais il dénonce "les coups de com' récurrents de Robert Ménard". "Mettre une photo de flingue dans les rues en disant que c’est notre amie, c’est établir un parallèle démagogique entre des termes qui n’ont rien à voir. C’est flatter les bas instincts, explique-t-il.

Même réaction à l'UMP. Elie Aboud, député de l'Hérault, demande à Robert Ménard de retirer cette affiche. "Moi j’ai voté pour l’armement de la police en conseil municipal. Mais là vous vous rendez compte, ces photos à la sortie des écoles ? L’image renvoyée aux touristes ? C’est de l’incitation à la haine et à la violence", précise-t-il au Lab.

Une publicité autorisée

Pour armer les policiers municipaux, il suffit à la mairie de Béziers de signer une convention avec l'Etat. L'accord des agents concernés et une formation de dix jours sont également nécessaires, rappelle Libération.fr.

La police municipale de la sous-préfecture héraultaise ne dispose pas que d'une arme : gilets-pare-balles, bâtons de défense, bombes lacrymogènes et casque de maintien de l'ordre complètent la panoplie, selon Midi Libre. L'objectif de Robert Ménard est de doubler les effectifs de policiers municipaux en trois ans.

Concernant l'affichage, la loi interdit toute publicité pour une arme à feu. Mais "ici, sur un plan juridique, ce n'est pas de la publicité car l'affiche ne propose pas de vendre une arme", précise Laurent-Franck Liénard, avocat spécialisé dans le droit des armes, contacté par francetv info.