Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Envoyé spécial. Mayotte, parent pauvre de la République ?

Des impôts locaux aussi lourds qu’en métropole, voire plus, un RSA deux fois moins élevé, 84% de la population sous le seuil de pauvreté alors que le moindre produit de consommation coûte beaucoup plus cher que sur le continent. Mayotte, 101e département français et parent (très) pauvre de la République. Extrait de "Mayotte, histoire d’une faillite", un reportage d’"Envoyé spécial".

Envoyé spécial/France Télévisions

 

Mariam, son mari et ses six enfants vivent dans un habitat insalubre au centre de Mayotte. "La maison n’est pas en bon état, du coup, quand il pleut, il y a de l’eau partout. Quand mon enfant rentre de l’école, il veut goûter mais je n’ai pas grand-chose à lui donner", explique-t-elle derrière son masque traditionnel en bois de santal. Avec la départementalisation de Mayotte, il faut compter avec les impôts locaux qui pèsent particulièrement lourd : elle doit payer 950 euros de taxe d’habitation pour un logement de tôle, sans eau courante.

"Après, tu meurs de faim avec tes enfants"

Elle et sa famille vivent sous le seuil de pauvreté, comme 84% de la population de l’île. Elle gagne un peu plus de 300 euros par mois avec son mari et, même s’il peut enfin toucher le RSA, comme n’importe quel Français, à Mayotte, cette allocation est deux fois moins élevée qu’en métropole. "Quand tu vas chercher ton RSA, au bout de deux jours, il ne reste plus rien, avec le peu qui reste, tu achètes du riz et tu n’as plus rien ; après, tu meurs de faim avec les enfants", explique le mari de Mariam. A Mayotte, la vie est plus chère que sur le continent car la grande majorité des produits de consommation sont importés. Un exemple : une boîte de six œufs coûte 3,55 euros, contre 2 euros en moyenne en métropole.

Extrait de "Mayotte, histoire d’une faillite", un reportage d’Anne-Charlotte Gourraud diffusé dans "Envoyé spécial" le jeudi 2 juin.

(CAPTURE ÉCRAN / ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)