"On serait débarrassés de Trump"... "Je ne crois pas aux sondages" : derniers meetings de Donald Trump et Joe Biden devant une Amérique divisée

Les deux candidats ont fait campagne jusqu'au bout, avant l'élection présidentielle américaine mardi.

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Édité par Noémie Bonnin - Sébastien Paour - Benjamin Illy
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le président Donald Trump lors de son dernier meeting de campagne à Grand Rapids, dans le Michigan, le 2 novembre 2020. (JEFF KOWALSKY / AFP)

C'est le jour J, les États-Unis votent mardi 3 novembre pour élire leur président pour les quatre prochaines années. Les deux candidats ont donc bouclé leur campagne avec les derniers meetings.

Dans le camp Trump : "La majorité silencieuse va se montrer"

Pour Donald Trump, c'était une journée marathon, avec cinq meetings, dont le tout dernier dans le Michigan. Un État qu’il avait arraché de peu en 2016, à 11 000 voix près. "Tout ce que je souhaite pour Noël, c'est la victoire de Trump", lance un "Père noël trumpiste", qui a déjà une petite idée de ce qu’il veut pour les fêtes. Le président est arrivé à minuit, à Grand Rapids, au bout d’une folle journée qui l'a vu sillonner quatre États.

La campagne a été longue, elle a ignoré le coronavirus et rassemblé les foules, très peu masquées. En 2016, il avait conclu sa tournée au même endroit. Par superstition, Donald Trump l'avoue, il est revenu faire le bilan, promettre des lendemains florissants pour l’économie. Il est venu dire que Joe Biden était conte les armes, le pétrole et Dieu. Il est venu aussi remercier sa famille, évoquant par l’humour peut-être quelques doutes sur la suite : "Donald Junior, Eric, Ivanka, Tiffany, je n’ai pas les mots pour vous dire combien je suis fier, quoi qu’il arrive je suis très fier de vous tous. Mais si on ne gagne pas, je ne leur parlerai plus jamais !"

Nous allons avoir une vague rouge, ils l’appelleront la grande vague rouge, comme on n'en a jamais vue jusqu’à maintenant.

Donald Trump

La vague républicaine, la victoire inattendue, ses partisans veulent y croire. Ils invoquent encore et toujours la majorité silencieuse, le vote caché : "La majorité silencieuse va se montrer, ce ne sera pas serré", assure un homme. "Les partisans de Donald Trump peuvent avoir peur, parfois, d'exprimer leur soutien", explique Laura, 39 ans, physiothérapeute. "Ces gens se font discrets, mais quand c'est le moment de voter, c'est là que nous sortons et que nous faisons entendre notre voix." Ray, 75 ans et retraité, renchérit : "Oui, on fait partie de la majorité silencieuse. On reçoit beaucoup d'appels téléphoniques des instituts de sondage, on me demande pour qui je vais voter, et souvent, je réponds 'bien-sûr, je vote Biden'. Je ne crois pas aux sondages."

"We love you", scande le public du meeting. Une déclaration d’amour d’un public fidèle à un président sortant, bien décidé à faire mentir les sondages, comme il y a quatre ans.

Donald Trump à Grand Rapids
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Dans le camp Biden : "Le pouvoir de changer ce pays est entre vos mains"

Quelques heures plus tôt, Joe Biden a lui bouclé sa campagne en Pennsylvanie. Pas moins d'une quinzaine de rendez-vous pour le candidat démocrate, sa colistière Kamala Harris et leurs conjoints. C'est dans cet État-clef qu'est né Joe Biden, mais Trump l'avait emporté, à la surprise générale, en 2016. Un appel aux urnes et un adieu à Trump, voilà le message de Joe Biden à Pittsburg : "Le pouvoir de changer ce pays est entre vos mains !", lance le candidat, avec à ses côtés la chanteuse Lady Gaga, pour mobiliser les plus jeunes électeurs.

La chanteuse Lady Gaga lors du meeting de Joe Biden à Pittsburgh, en Pennsylvanie, le 2 novembre 2020. (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Autre lieu, autre scène, autre chanteur, Kamala Harris avec John Legend à Philadelphie. Et son mari, Doug Emhoff, en banlieue, devant une cinquantaine de personnes : "Je suis ici, comme Joe, Jill, Kamala… Nous avons choisi la Pennsylvanie pour une raison : nous devons gagner ici ! Ma femme, l’amour de ma vie, Kamala Harris sera votre prochaine vice-présidente !"

On veut y croire aussi chez les militants, dont Nancy, 64 ans, venue spécialement du Connecticut pour démarcher les électeurs, comme elle le faisait déjà quand elle était au lycée, pour la première campagne du sénateur du Delaware : "En 1972, j'ai travaillé pour l'élection de Joe Biden, il avait gagné, et j'espère qu'il gagnera encore cette année. On serait débarrassés de Trump et ma boucle à moi serait bouclée", conclut la militante.

L'équipe Biden en Pennsylvanie
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