Etats-Unis : le candidat républicain Jeb Bush se moque de "la semaine de travail à la française"

Le frère de l'ancien président américain a utilisé cette image pour attaquer son rival Marco Rubio, accusé de ne pas être très présent au Sénat.

Jeb Bush et Marco Rubio lors d\'un débat des candidats républicains à la Maison Blanche, le 28 octobre 2015, à Boulder (Colorado, Etats-Unis).
Jeb Bush et Marco Rubio lors d'un débat des candidats républicains à la Maison Blanche, le 28 octobre 2015, à Boulder (Colorado, Etats-Unis). (RICK WILKING / REUTERS)

Aux Etats-Unis, quand il s'agit de se payer un adversaire politique, rien de tel que de le comparer à un Français. Mercredi 28 octobre, lors du troisième débat des candidats républicains à la Maison Blanche, Jeb Bush a utilisé cette tactique éprouvée pour tacler son rival Marco Rubio sur son absentéisme au Sénat.

"Marco, quand tu t'es engagé, c'était pour un mandat de six ans", a lancé Jeb Bush, ancien gouverneur de la Floride, au sénateur de cet Etat. "Tu devrais te pointer au travail. Je veux dire, le Sénat, est-ce que c'est une semaine à la Française ? Tu as le droit de ne venir que trois jours par semaine ?" Une pique bien préparée dont le frère de George W. Bush s'est félicité sur Twitter.

L'ambassadeur français riposte sur Twitter

Cette attaque de Jeb Bush n'a pas vraiment plu à l'ambassadeur de la France aux Etats-Unis, qui a vite réagi sur Twitter. Les Français travaillent plus d'heures par semaine en moyenne que les Allemands, assure-t-il. "Une semaine de travail de 3 jours en France ? Non, mais un congé parental de 16 semaines payées, oui. Et j'en suis fier", ajoute-t-il.

Reste que la semaine de travail moyenne en France est plus courte qu'aux Etats-Unis. Un Américain employé à plein temps travaille 46,7 heures par semaine, selon l'institut de sondage Gallup, contre 40,5 heures pour un Français, d'après Eurostat.

Une "french bashing" qui n'a pas fait recette pour Bush

Mardi, dans un édito, le Sun Sentinel (en anglais), un journal local, appelait le sénateur Marco Rubio à démissionner, rappelant qu'il avait manqué 59 votes depuis le début de sa campagne. Critique balayée par le jeune sénateur, actuellement troisième dans les sondages sur la primaire républicaine : selon lui, personne ne faisait ces reproches aux précédents candidats à la présidence.

Le "french bashing" de Jeb Bush s'est d'ailleurs plutôt retourné contre lui, quand Marco Rubio, son principal concurrent pour les voix des Républicains modérés, lui a fait une réponse cinglante et très applaudie : "La seule raison pour laquelle tu me fais ce reproche maintenant est parce que nous sommes candidats au même poste, et que quelqu'un t'a convaincu que m'attaquer te rendrait service." Un échange dont Jeb Bush ne s'est jamais vraiment remis, ratant sa performance dans le débat. Pour les observateurs, sa campagne est aujourd'hui en péril.