"Pays de merde" : 54 pays africains réclament des excuses à Donald Trump

Dans un communiqué, publié à l'issue d'une réunion de quatre heures, les pays africains ont dénoncé d'une seule et même voix les propos "racistes" du président américain.

Le président américain Donald Trump lors d\'une conférence de presse commune avec la Première ministre norvégienne Erna Solberg, le 10 janvier 2018 à la Maison Blanche.
Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse commune avec la Première ministre norvégienne Erna Solberg, le 10 janvier 2018 à la Maison Blanche. (JONATHAN ERNST / REUTERS)

L'Afrique entière réclame des excuses. Les ambassadeurs du groupe africain (54 pays) à l'ONU ont publié, vendredi 12 janvier, un communiqué au langage d'une rare dureté, après les propos de Donald Trump, qui s'est emporté sur l'immigration qualifiant, selon plusieurs sources, des nations africaines et Haïti de "pays de merde".

Après une réunion d'urgence qui a duré quatre heures, le groupe de 54 ambassadeurs s'est dit "extrêmement choqué" et a condamné "les remarques scandaleuses, racistes et xénophobes" de Donald Trump "telles que rapportées par les médias". Le groupe exige ainsi "rétractation et excuses" et s'inquiète de "la tendance continue et grandissante de l'administration américaine (...) à dénigrer le continent africain et les gens de couleur".

Des propos pas vraiment démentis

C'est lors d'une réunion sur l'immigration avec des parlementaires à la Maison Blanche que Donald Trump s'est emporté jeudi sur l'immigration en provenance de "pays de merde", des mots qu'il a partiellement contestés. Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n'avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que Donald Trump se battrait "toujours pour le peuple américain".

Le président américain a réagi au tollé vendredi matin avec une formule alambiquée sur Twitter : "Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés", a-t-il affirmé. Plusieurs parlementaires ont de leur côté affirmé avoir bien entendu ces mots, ou avoir eu confirmation de première main de la part de personnes présentes.