"On met des enfants dans des cages", dénonce l'Unicef France face aux décisions de Donald Trump

La séparation des enfants de leurs parents sans papiers aux Etats-Unis, fait scandale. L'Unicef France condamne fortement les décisions de Donald Trump sur la question de l'immigration clandestine.

Donald Trump a annoncé sa politique \"tolérance-zéro\"  contre l\'immigration clandestine à la frontière du Mexique.
Donald Trump a annoncé sa politique "tolérance-zéro"  contre l'immigration clandestine à la frontière du Mexique. (CHRIS KLEPONIS / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS)

À la suite de la décision de "tolérance-zéro" de Donald Trump contre l'immigration clandestine à la frontière du Mexique, des enfants de migrants sont séparés de leurs parents et envoyés dans des centres. Sébastien Lyon, le directeur général d'Unicef France [Fonds des Nations Unies pour l'enfance], qualifie mercredi 20 juin sur franceinfo la décision du président américain de "traitement le plus cruel et le plus inhumain que l'on puisse imaginer."

franceinfo : L'ONU condamne-t-elle les décisions de Donald Trump ?

Sébastien Lyon : Oui bien sûr, on condamne fortement ces atteintes très fortes portées aux droits des enfants. Évidemment un enfant doit rester avec ses parents. Les enfants qui arrivent aux États-Unis ont déjà vu des choses horribles sur leur parcours : ils ont été à la merci de passeurs, certains d'entre eux se sont retrouvés dans des situations très dures. Ils ont déjà été traumatisés et si on rajoute à cela le traumatisme d'être séparé de sa famille, on atteint le traitement le plus cruel et le plus inhumain que l'on puisse imaginer.

Donald Trump instrumentalise-t-il ce scandale pour arriver à ses fins, c'est-à-dire obtenir le mur entre le Mexique et les États-Unis ?

Oui, l'instrumentalisation est choquante. C'est un prétexte de mettre en scène des enfants et de les mettre en difficulté à des fins politiques. A mon sens, c'est un mauvais calcul politique. Avoir à gérer sur son sol une opinion très divisée, avoir à gérer sur son sol des enfants traumatisés à vie, c'est probablement un mauvais calcul. Ce que l'on a vu sur les enfants, c'est techniquement de la rétention. La technique qui est en train d'être développée viole la loi américaine parce que des enfants sont aussi enfermés : ils ne sont pas avec leurs parents. Ça ne sert à rien de se justifier en disant "on applique la loi", quand on met des enfants dans des cages.

Qu'en est-il en France, notamment avec le passage au Sénat de la nouvelle loi immigration ?

En France, on ne sépare pas les familles, on enferme des familles. Nous avions milité très fortement avec beaucoup d'associations pour dire que ces centres de rétention administrative, comme on les appelle, ne pouvaient pas accueillir des enfants. Malheureusement, notre appel n'a pas été entendu et la loi qui est en train de passer au Sénat permet encore, en France, d'emprisonner des familles, dans ces centres de rétention administrative, qui sont techniquement des prisons. Les enfants sont derrière des barreaux, il y a des policiers. On comprend bien le traumatisme que cela peut impliquer pour ces enfants, donc il y a aussi à balayer devant notre porte.