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Et si l’élection de Donald Trump avait provoqué un sursaut citoyen ?

Au-delà des manifestations anti-Trump, partie la plus visible de la contestation, des initiatives citoyennes ont éclos un peu partout dans le pays. 

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Radio France
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Des activistes new-yorkais fabriquent des pancartes le 11 janvier 2017 avant l'investiture de Donald Trump.  (AARON P. BERNSTEIN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Bien malgré lui, le futur président a poussé des milliers de personnes à entrer en résistance. A New-York, la mobilisation s'organise, par exemple, dans une synagogue de Brooklyn.

C'est le conseiller municipal du quartier, Brad Lander, qui a lancé ces réunions où plus d'un millier de personnes se sont déjà rendues. "Dans quatre ans, la seule chose positive qu’on pourra attribuer à Trump, c’est d’avoir inspiré toute une génération d’activistes, lance l'élu new-yorkais, on a réalisé qu’il y avait un vrai désir de s’engager dans l’action, pas seulement de se lamenter et d’être en deuil."

Brad Lander ajoute : "Bien sûr dans certains quartiers, les gens sont plus directement menacés - dans les quartiers d’immigrés ou de musulmans par exemple - mais ici les gens ont peur pour leur pays".

Ces activistes, motivés par l'élection de Donald Trump, inondent leurs élus d’appels et de courriers, ils organisent des réseaux de défense des musulmans et des immigrés, ils se regroupent.

Dans la synagogue de Brooklyn, pleine à craquer ce lundi soir, Brad Lander accueille les fidèles auxquels se sont joints de nombreux voisins d’autres confessions. C’est leur quatrième soirée d’action. A la tribune, l'élu questionne les participants : "Combien d’entre vous a appelé un de ses élus... Wouaouh, regardez ça, quasiment tout le monde dans cette salle !"

"Il est temps de se réveiller !"

Dans la synagogue, des groupes de travail sont organisés. Certains réfléchissent au moyen de s’opposer à l’islamophobie et à l'antisémitisme, d’autres aux actions à mener pour sauver l'Obamacare ou pour défendre les immigrés. Des contacts s’échangent, des listes de volontaires sont créées.

Parmi les militants, on retrouve Ben. Il n'a pas toujours été activiste. Mais il l'est devenu, par la force des choses, selon lui : "On est inquiet face à la montée des crimes motivés par la haine et face au risque que cela se banalise, que les gens deviennent insensibles. Quand un de ces crimes survient, nous allons tenir une veillée pour attirer l’attention".

Nous n’allons pas rester silencieux face à la haine

Ben, un nouvel activiste anti-Trump

Un groupe de travail d'activistes anti-Trump, dans une synagogue de Brooklyn à New-york le 16 janvier 2017 (CHARLOTTE ALIX / RADIO FRANCE)

Non loin de là, quand on demande à Tara si elle se considère comme une activiste, elle hésite. "Oui, je suis une activiste, j’imagine", finit-elle par concéder. En quelques semaines, Tara s’est occupée de louer un bus pour ses amis et des voisins réunis pour un atelier de confection de pancartes.

Le groupe prendra la route, samedi 21 janvier, direction Washington, pour la grande manifestation des femmes. "Il est temps de se réveiller ! Cette élection nous a montrés qu’on était peut-être trop dans le confort, explique Tara, et maintenant je crois qu’il faut vraiment qu’on se batte pour ce en quoi nous croyons."

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