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Musulman discret, jeune Américain type... qui était l'auteur de la tuerie dans le Tennessee

Le tireur de Chattanooga a été identifié par le FBI comme un Américain d'origine koweïtienne de 24 ans. Il a été abattu par la police.

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France Télévisions
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Mohammad Youssuf Abdulazeez, l'auteur de la tuerie de Chattanooga, dans le Tennessee (Eatats-Unis), photographié en avril 2015. (HAMILTON COUNTY SHERIFF'S OFFICE / AFP)

Il a eu le temps de tuer quatre marines avant d'être abattu. Le FBI, chargé de l'enquête sur cette tuerie survenue sur deux sites militaires de Chattanooga (Tennessee, Etats-Unis), jeudi 16 juillet, en a identifié l'auteur. Le tireur était un jeune homme de 24 ans, un Américain d'origine koweïtienne nommé Mohammad Youssuf Abdulazeez. Voici son portrait.

Un père surveillé pour terrorisme puis écarté

Mohammad Youssuf Abdulazeez était arrivé bébé aux Etats-Unis avec ses parents, une famille musulmane de la classe moyenne, et avait été naturalisé, rapporte le Washington Post, citant des messages laissés par des proches sur les réseaux sociaux. Sa mère est koweïtienne et son père palestinien, précise le site américain spécialisé SITE, qui surveille l'activité des mouvements islamistes sur internet.

Son père avait fait l'objet d'une enquête, il y a plusieurs années, pour "de possibles liens avec une organisation terroriste étrangère", écrit par ailleurs le New York Times, citant des sources proches des services de sécurité. Son nom figurait sur une liste de suspects à surveiller, dont il a été rayé par la suite. L'enquête n'a rien révélé sur son fils, employé municipal, ajoute le journal.

Depuis l'école primaire, Mohammad Youssuf Abdulazeez habitait une banlieue tranquille de Chattanooga avec sa famille apparemment sans histoires. "C'était la famille moyenne de Chattanooga", assure une ancienne camarade, Kagan Wagner, citée par le journal local Chattanooga Times Free Press.

Un lycéen au nom qui "déclenche des alertes"

Comme le veut la tradition américaine, Mohammad Youssuf Abdulazeez apparaît dans l'annuaire annuel de son lycée, la Red Bank High School. Les deux photos du jeune homme décontracté et rasé de près - l'une en smoking, l'autre en chemise - sont accompagnées d'une citation : "Mon nom déclenche des alertes à la sécurité nationale. Et le vôtre ?" La plaisanterie est signée "Hijabman", un surnom en allusion au voile islamique. 

Un étudiant diplômé en ingénierie électrique 

Mohammad Youssuf Abdulazeez avait décroché un diplôme d'ingénieur électricien à l'université du Tennessee, à Chattanooga, en 2012, selon la chaîne locale WRCB. L'établissement a confirmé sur Twitter que le jeune homme était l'un de ses anciens élèves.

Une page Facebook semblant appartenir à sa mère montre le jeune homme souriant à sa cérémonie de remise de diplôme, alors qu'il enlace une femme plus âgée portant des fleurs et un keffieh. D'autres images le montrent, toujours le sourire aux lèvres, avec son diplôme devant les drapeaux des Etats-Unis et du Tennessee, ou devant un gâteau portant un message de félicitations pour son diplôme.

Un jeune Américain "type", amateur de combat libre

Mohammad Youssuf Abdulazeez aimait le combat libre, "mixed martial arts" en anglais. Il s'entraînait et avait même combattu en amateur dans la ligue XFN. Un unique combat qu'il avait remporté. Il apparaît dans cette vidéo.  

Son ancien professeur, Scott Schrader, affirme à la chaîne américaine CNN que son élève était "le profil type du jeune Américain". "Il n'était jamais bruyant, jamais turbulent, ne sortait pas du rang, il travaillait dur et avait l'air d'apprécier l'entraînement. Il s'entendait avec tout le monde." Voici une photo non datée fournie par un ancien entraîneur.

Une seule arrestation pour un délit mineur

Mohammad Youssuf Abdulazeez avait eu affaire à la police une seule fois auparavant. Il avait été arrêté en avril pour conduite sous l'influence de l'alcool ou de la drogue.

Le jeune homme semblait avoir ouvert un blog dans lequel il n'avait écrit que deux textes. On y lit que "la vie est courte et amère", et que les musulmans ne devraient "pas laisser passer l'occasion de se soumettre à Allah". Il y est aussi question du sacrifice des Sahaba, les compagnons du Prophète, qui "ont fait le jihad au nom d'Allah", rapporte le groupe SITE. Le blog ne contenait cependant pas d'autres éléments montrant une éventuelle radicalisation, ni de menaces précises.

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