Etats-Unis : des parents d'enfants tués dans une école primaire américaine seront indemnisés par un complotiste

Alex Jones, célèbre désinformateur d'extrême droite, avait affirmé que la fusillade de Sandy Hook, en 2012, n'était qu'une mise en scène visant à retirer le droit constitutionnel à posséder une arme à feu.

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Devant l'école primaire Sandy Hook de Newton (Etats-Unis), le 15 décembre 2012, au lendemain de la fusillade qui a tué 20 enfants et six adultes. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA via AFP)

Il affirmait que le drame était une mise en scène, sans éprouver le moindre égard pour les victimes et leurs proches. Alex Jones, complotiste américain d'extrême droite, devra indemniser plusieurs parents d'écoliers massacrés par un tueur dans l'école primaire Sandy Hook en 2012 dans le nord-est des Etats-Unis.

Selon le New York Times (en anglais) et l'un des avocats de parents d'élèves, une juge du Connecticut a estimé qu'Alex Jones – connu pour ses théories du complot et fausses informations – était responsable au civil et donc assujetti au versement de dommages et intérêts après les plaintes en diffamation de six familles en 2018. Le 14 décembre 2012, un tireur âgé de 20 ans avait fait irruption dans l'école primaire Sandy Hook de Newton, dans le Connecticut, tuant par arme à feu 20 enfants et six adultes. Ce massacre insensé avait stupéfié la société américaine, le président de l'époque Barack Obama ayant même pleuré lors d'un discours, et provoqué un énième débat sur le contrôle des armes personnelles.

"Faire la lumière sur le mal infligé à ces familles"

Mais pour Alex Jones, fondateur du site d'extrême droite Infowars et aujourd'hui banni sur Facebook, Twitter et Youtube, le massacre de Sandy Hook n'aurait été qu'une mise en scène – avec des acteurs jouant le rôle de parents éplorés – pilotée par le gouvernement américain afin de retirer aux Américains le droit constitutionnel de détenir une arme à feu. Les parents plaignants avaient attaqué Alex Jones en justice en le sommant de présenter des documents comptables attestant qu'il avait gagné des millions de dollars par la diffusion d'une telle désinformation. Il a depuis reconnu publiquement que le meurtre d'enfants avait été bien réel.

"M. [Alex] Jones a eu plusieurs fois l'occasion de collaborer [avec la justice] mais puisqu'il a choisi de refuser de transmettre des preuves au tribunal pendant plus de deux ans, le tribunal n'a pas eu d'autres choix que de prendre la décision qu'il a prise aujourd'hui", s'est félicité l'un des avocats des parents, Chris Mattei, dans un communiqué. L'avocat a toutefois reconnu que "la bataille continuait pour faire toute la lumière sur le mal profond que M. [Alex] Jones a infligé à ces familles".

D'autant qu'un juge au Texas a récemment pris les mêmes décisions en matière de diffamation en faveur de trois autres familles de Sandy Hook. Des jurés du Connecticut et du Texas doivent maintenant décider du montant des dédommagements que devra verser Alex Jones à chacune des familles d'enfants tués.

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