Syrie : face aux menaces turques, les forces kurdes appellent à l'aide le régime

L'armée syrienne a répondu à l'appel et annoncé son entrée dans la ville clé de Minbej, dans le nord de la Syrie.

Des soldats des Forces de protection du peuple (YPG) le 11 septembre 2018, en Syrie.
Des soldats des Forces de protection du peuple (YPG) le 11 septembre 2018, en Syrie. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

Les forces kurdes ont appelé le régime syrien à déployer ses troupes dans les régions qu'elles contrôlent, dans le nord de la Syrie, "et à protéger ces régions contre l'invasion turque", vendredi 28 décembre. Une occasion de prendre position dans le nord du pays que l'armée syrienne a immédiatement saisie. Peu après cet appel à l'aide, l'armée du régime a annoncé son entrée dans la ville clé de Minbej.

Moscou s'est félicité de l'entrée de l'armée syrienne à Minbej. "L'élargissement de la zone de contrôle des forces gouvernementales (...) constitue sans aucun doute une tendance positive", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Mais Ankara estime de son côté que les forces kurdes "n'ont pas le droit" de faire appel à l'armée syrienne.

Les Kurdes cherchent un nouvel allié

Cet appel des Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde de Syrie, a été lancé quelques jours après l'annonce surprise des Etats-Unis du retrait de leurs troupes. Lâchées par leur principal allié, les forces kurdes ont besoin de soutien face à une possible offensive turque dans le nord de la Syrie.

Ankara a rassemblé, dernièrement, des renforts à la frontière, dépêchant chars et blindés dans le nord syrien, tout près de Minbej. La Turquie, qui redoute de voir s'instaurer une entité kurde à ses portes, susceptible de renforcer les velléités séparatistes de la minorité kurde sur son propre territoire, est farouchement hostile aux YPG en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.