Retrait programmé de l'armée américaine de Syrie : les Kurdes se cherchent de nouveaux protecteurs

Quelques jours après l'annonce du retrait programmé de 2 000 soldats américains présents en Syrie aux côtés de la coalition internationale, les Kurdes se cherchent de nouveaux alliés, alors que l'armée turque s'apprêterait à mener une offensive imminente pour déloger les milices kurdes installées dans le nord du pays.

Un soldat YPG devant une Douchka en Syrie.
Un soldat YPG devant une Douchka en Syrie. (CHRIS HUBY / MAXPPP)

Pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, le retrait programmé des 2 000 soldats américains est une véritable aubaine. Ankara continue d'envoyer des renforts à la frontière syrienne, en préparation d'une offensive que l'on dit imminente contre les milices kurdes, soutenues par les États-Unis. Face à cette menace turque, les kurdes de Syrie, fers de lance de lutte contre le groupe État Islamique, se cherchent de nouveaux protecteurs.

Bientôt privés de leur parapluie américain, ils appellent la France à les soutenir. "La France doit prendre ses responsabilités, plaide Gabriel  Kino, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance majoritairement kurde créée et armée par Washington. "La France fait partie de la coalition comme la Grande-Bretagne et d'autres pays. Ils doivent assurer la protection et la stabilité de cette région que nous avons libérée ensemble de Daech", estime-t-il.

Des centaines de terroristes aux mains des Kurdes

L'offensive de la Turquie dans la région pourrait rendre la situation totalement incontrôlable et également profiter aux nombreux jjihadistes de l'organisation Etat islamique détenus par les forces kurdes. "Nous avons dans nos prisons près de 800 terroristes du groupe État Islamique, rappelle Gabriel Kino. Ils pourraient profiter du chaos pour s'enfuir et se réorganiser afin d'opérer un retour. Tous les scénarios sont possibles." 

La Turquie s'est engagée à éradiquer le groupe État Islamique, mais pour le porte-parole du FDS, les objectifs sont autres. "La priorité de la Turquie n'est pas de lutter contre Daech ou de l'éliminer", dénonce-t-il. "Elle veut briser le projet démocratique que nous voulons instaurer ici, car elle a peur que cela renforce les velléités d'autonomie de la minorité kurde sur son propre territoire", affirme-t-il.

Pressées d'en découdre, les autorités turques accentuent leur pression de jour en jour. Alors que de l'autre côté de la frontière, les forces kurdes se préparent à une guerre longue et meurtrière.