Trois choses à savoir sur la sécurité des mines en Turquie

Le dernier bilan de l'accident minier à Soma fait état de 282 morts. Des milliers de manifestants se sont encore rassemblés jeudi pour dénoncer les mauvaises conditions de travail dans ce secteur.

Les familles des mineurs tués dans l\'accident suivent une procession funéraire à Soma (Turquie), le 15 mai 2014.
Les familles des mineurs tués dans l'accident suivent une procession funéraire à Soma (Turquie), le 15 mai 2014. (SONER KILINC / ANADOLU AGENCY / AFP)

Deux jours après l'accident minier qui a fait 282 morts à Soma, dans l'ouest de la Turquie, des milliers de manifestants se sont rassemblés, jeudi 15 mai,  dans les grandes villes du pays pour protester contre les mauvaises conditions de travail. Cette catastrophe industrielle, plus grave que le coup de grisou qui avait coûté la vie à 263 mineurs en 1992 dans la province de Zonguldak, provoque la colère d'une partie de la population. La sécurité des mines en Turquie est-elle à mettre en cause ? Francetv info fait le point. 

1La mortalité au travail est élevée

En 2012, l’Organisation internationale du travail (OIT) déclarait que la Turquie avait le taux de mortalité sur les lieux de travail le plus élevé d’Europe et qu’elle figurait au troisième rang mondial. Entre 2002 et 2012, plus de 1 000 mineurs turcs ont perdu la vie sur leur lieu de travail, selon les statistiques de l’OIT. 

2La Turquie ne respecte pas la convention sur les mines

Selon Courrier International, qui rapporte une tribune du quotidien turc Radikal, la raison principale de cet accident est le fait que "la Turquie n'applique toujours pas une politique de tolérance zéro vis-à-vis des accidents de travail". "Cela fait en effet dix-neuf ans qu'elle refuse de signer la convention 176 de l'Organisation internationale du travail (OIT) relative à la santé et à la sécurité dans les mines", écrit le journal. 

3Les contrôles sont inefficaces

Selon l'hebdomadaire franco-turc Zamanles contrôles dans les mines seraient inefficaces. Le journal cite les travaux de deux chercheurs turcs et explique que "les inspections de santé et de sécurité dans les mines turques sont divisées entre différentes autorités et que le manque de coordination entre elles est la cause d'un contrôle inefficace".