Vidéo Fin de l'opération Barkhane au Sahel : "Nous ne changeons pas d'objectif, il s'agit de continuer la lutte contre le terrorisme", assure Florence Parly

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"Ce qui change, c'est l'approche", poursuit la ministre des Armées. Un changement qu'elle justifie par la capacité d'adaptation de l'ennemi.

Emmanuel Macron a annoncé jeudi la fin prochaine de l'opération Barkhane au Sahel. "Nous ne changeons pas d'objectif : il s'agit de continuer la lutte contre le terrorisme", a souligné vendredi 11 juin sur franceinfo la ministre des Armées Florence Parly. Elle a expliqué ce changement "d'approche" : "L'ennemi s'adapte sans cesse aux modes opératoires, aux modes d'actions des militaires qui sont sur place, il est donc important de varier sans cesse leurs effets", a-t-elle précisé.

franceinfo : La France part-elle du Sahel sur un constat d'échec ?

Florence Parly : Tout d'abord, nous ne changeons pas d'objectif. Il s'agit de continuer la lutte contre le terrorisme. C'est un enjeu majeur pour les populations des pays du Sahel et pour la sécurité des Européens. Ce qui change, c'est l'approche. Nous avons toujours dit que Barkhane n'était pas éternelle et que notre dispositif militaire devait sans cesse s'adapter. C'est une réalité du terrain militaire : l'ennemi s'adapte sans cesse aux modes opératoires, aux modes d'actions des militaires qui sont sur place, il est donc important de varier sans cesse leurs effets. L'annonce faite par le président de la République n'est pas une surprise, c'est un travail initié de longue date.

Diriez-vous que les jihadistes ont reculé depuis huit ans, ou avons-nous simplement limité la casse ?

Nous avons mené des opérations extrêmement importantes pour décapiter les chefs terroristes de ces grandes organisations. Les organisations terroristes qui sont au Sahel sont les filiales d'Al-Qaïda et de Daech. L'année dernière, nous avons eu de grands succès. Nous avons éliminé le numéro un d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, en novembre, nous avons éliminé le chef militaire de cette même organisation et nous avons affaibli l'organisation EIGS (État islamique pour le Grand Sahara), qui est la filiale de Daech. Pour autant, nous voyons bien que la situation sécuritaire dans la zone reste très difficile. Les jihadistes se réorganisent, mais l'objectif est de faire en sorte que cette réorganisation se fasse le plus difficilement possible. Pour ce faire, il faut pouvoir taper les têtes des chefs de ces organisations terroristes.

"L'acquis fondamental de ces derniers mois, initié en janvier 2020 au sommet de Pau, c'est d'avoir permis d'accompagner de plus en plus les forces armées du Sahel afin qu'à terme elles puissent prendre en charge la sécurité de la zone."

Florence Parly, ministre des Armées

à franceinfo

Nous sommes passés petit à petit d'une organisation où la France intervenait lourdement, souvent seule, à une situation dans laquelle non seulement nous ne sommes plus seuls parce que nous avons entraîné les Européens notamment avec nous, mais nous sommes aussi de plus en plus en partenariat avec les forces armées sahéliennes. Nous les avons d'abord formées, grâce à l'action que mènent les Européens sur place, la mission EUTM [European Union Training Mission in Mali]. Nous les avons entraînées et nous avons de plus en plus combattu avec elles. Il y a eu de grandes opérations cet automne et cet hiver pendant lesquelles les armées françaises et les armées sahéliennes ont constitué un groupe unique de plusieurs milliers de soldats qui ont combattu ensemble. Elles ont donc acquis des capacités qui nous permettent de faire évoluer les dispositifs, comme le président de la République l'a annoncé.

La force européenne représente 600 personnes aujourd'hui. La France a 5 100 soldats sur place. Le relais est-il prêt ?

C'est une dynamique extrêmement puissante. Les Français pourront voir lors du défilé du 14 juillet la force européenne Takuba et les Français qui ont combattu au Sahel.

"Ce qui est important de comprendre, c'est que la France reste engagée militairement au Sahel."

Florence Parly

à franceinfo

Elle va faire évoluer sa présence pour que Takuba, ce groupe de forces spéciales, qui accompagne les soldats sahéliens, puisse jouer un rôle de plus en plus important.

Qu'entendez-vous par "faire évoluer sa présence" ? Combien de soldats en moins cela signifie-t-il ?

Nous allons discuter de cela avec nos partenaires. Je ne dévoilerai aucun chiffre parce que les consultations commencent. Ce qu'il est important de comprendre, c'est que l'engagement militaire de la France restera très significatif. Nous considérons qu'il nous faut continuer de combattre le terrorisme, continuer d'affaiblir les têtes de chaînes des groupes armés terroristes. Ce travail permettra progressivement aux forces armées du Sahel d'être en situation de répondre et de riposter. Contrairement à la situation d'il y a 18 mois où elles avaient subi des revers extrêmement lourds, celles-ci sont désormais en situation de riposter.

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