Lutte contre le terrorisme : un FBI européen, "en l'état actuel des traités, ce n'est pas possible"

Ces dernières semaines, après les attentats de Londres, plusieurs responsables européens ont ressorti un vieux serpent de mer : l'idée de créer un "FBI européen". Une idée impossible à réaliser pour l'instant tranche Gilles de Kerchove, coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme.

Gilles de Kerchove, le coordinateur de l\'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, à Bruxelles, en septembre 2016.
Gilles de Kerchove, le coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, à Bruxelles, en septembre 2016. (STEPHANIE LECOCQ / EPA)

La menace terroriste reste élevée cet été dans une quinzaine de pays européens après la multiplication des attentats ces dernières semaines dans plusieurs capitales européennes, à Londres, Paris et Bruxelles.

Le 4 juin 2017, sur franceinfo, après les attaques de Londres, Georges Fenech, le président français de la Commission d'enquête parlementaire sur les moyens pour lutter contre le terrorisme, a appelé au renforcement du renseignement européen "pour créer une base commune comme le FBI". Cette idée d'un "FBI européen" est un serpent de mer qui ressort après chaque attentat.

Les traités européens empêchent la création d'une super structure

L'Union européenne est-elle suffisamment efficace dans l'échange d'informations stratégiques sur le terrorisme ? Elle tente d'améliorer l'échange d'informations entre États membres et l'idée d'une super structure du renseignement européen a été évoquée par plusieurs responsables pour améliorer ce partage de données sensibles.

"En l'état actuel des traités, ce n'est pas possible, assure Gilles de Kerchove, coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme. Donc, on peut effectivement le souhaiter. Cela supposerait de modifier des traités et cela supposerait aussi des contrôles et une responsabilité politique accentués etc."

Un FBI européen, c'est certainement une bonne idée mais dans une construction fédérale.Gilles de Kerchove, coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorismeà franceinfo

Ce "FBI européen" pourrait améliorer le croisement des données et leur analyse mais ce ne serait pas non plus la “formule magique à tout”, précise Gilles de Kerchove pour qui les échanges entre États sont en augmentation. "Dans l'espace Schengen, [la souveraineté] joue de moins en moins. Il y a peut-être parfois des mentalités-maison mais, honnêtement, on est en train de progresser significativement." Le coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme rappelle qu'il n'y a pas non plus de consensus politique entre les États membres sur cette question de "FBI européen".