Loi sur le renseignement : des hébergeurs de données français menacent de délocaliser

Sept sociétés et associations protestent contre la "captation en temps réel des données de connexion" et leur analyse par les services de renseignement. 

Les locaux de l\'hébergeur de données OVH à Roubaix (Nord), le 7 mars 2011. 
Les locaux de l'hébergeur de données OVH à Roubaix (Nord), le 7 mars 2011.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Ils craignent de perdre leurs clients. Sept hébergeurs de données informatiques français, dont les deux principaux, OVH et Gandi, ont menacé, jeudi 9 avril, de délocaliser leur activité si le projet de loi sur le renseignement est adopté en l'état. 

Outre OVH et Gandi, l'Association française des hébergeurs agréés de données de santé (AFHADS), IDS, Ikoula, Lomaco et Online ont adressé un communiqué au Premier ministre, Manuel Valls. 

Les sept sociétés et associations protestent contre la "captation en temps réel des données de connexion" et leur analyse par les services de renseignement au moyen de "'boîtes noires' aux contours flous", expliquent-elles dans ce communiqué.

Des emplois supprimés

Les hébergeurs estiment que ce projet "n'atteindra pas son objectif, mettra potentiellement chaque Français sous surveillance, et détruira ainsi un pan majeur de l'activité économique de notre pays", en poussant leurs clients à se tourner vers d'autres territoires moins intrusifs.

Si le projet de loi est adopté en l'état, "nous devrons déménager nos infrastructures, nos investissements et nos salariés là où nos clients voudront travailler avec nous", préviennent-ils, avant d'énumérer une douzaine de villes où ils "supprimeron[t] des emplois au lieu d'en créer". Et de conclure : "Ce sont des milliers d'emplois (...) que les start-up et les grandes entreprises iront aussi créer ailleurs."