Bénin, Côte d’Ivoire... La descente des jihadistes vers le sud-ouest de l’Afrique

Le conflit entre groupes jihadistes et autorités se poursuit dans le Sahel, mais il s'élargit à de nouveaux pays, profitant de la pauvreté et de la faiblesse des États.

Article rédigé par
Nathanaël Charbonnier - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des soldats français au Mali, en juin 2015 (illustration). (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

C'est la réalité de ce début d’année 2021 : alors que la bataille se poursuit entre terroristes et militaires français au Mali, au Burkina ou encore au Niger, il semble que le conflit descende et s’élargisse vers le sud-ouest de l’Afrique. L’information a d'ailleurs été confirmée par le responsable du renseignement extérieur français et sera abordée lors du G5 Sahel, qui commence lundi 15 février au Tchad pour deux jours.

Bénin, Côte d’Ivoire, voire Sénégal, sont maintenant concernés. La déstabilisation est en marche et pourrait se révéler très efficace. Les techniques pour gagner du terrain sont connues : les jihadistes avancent dans les régions pauvres, délaissés par les États. Ils arrivent avec de l’argent, rassurent les populations et parallèlement s’allient aux gangs locaux, comme l’explique Mahamadou Savadogo, spécialiste en sécurité : "Ils se sont créés des couloirs pour pouvoir fluidifier leur économie grise."

"La stratégie qu'ils ont adoptée, c'est de rentrer en connexion avec des groupes qui sont en rupture : des braconniers, des hors-la-loi, qui ont tout à fait intérêt à ce que l'État disparaisse, tout comme les groupes armés terroristes."

Mahamadou Savadogo, spécialiste en sécurité

à franceinfo

Mais ce qui rend cette descente des jihadistes vers le sud encore plus redoutable, c’est l’expérience des jihadistes. "Moi, j'ai connu le jihadisme en Algérie dans les années 80, j'ai assisté à ce qui se passait plus tard en Afghanistan, au Moyen-Orient, raconte Julie Ben Marlouf, chargée de mission au Sahel pour l’organisation Idlo. Là, dans le contexte sahélien, on a le sentiment qu'on a un retour d'expérience de tous ces réseaux, où ils ont une stratégie, ils sont capables de préparer les futures générations, notamment en investissant dans l'éducation, à moyen et long terme." La situation est tellement préoccupante qu’il en est donc question lors du G5 Sahel, avec les représentants des pays concernés du Bénin et de la côte d'Ivoire.

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