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Le sort tragique des blessés et des malades en Syrie

Les Syriens malades ou blessés ont peu de chances d'être soignés convenablement. Le régime d'Assad les persécute tout comme il s'attaque aux médecins qui ne collaborent pas avec lui.
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France Télévisions
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Une salle d'opération aménagée dans une habitation, à Qusayr, le 27 février 2012.  (AFP/GIANLUIGI GUERCIA)
Depuis le début du conflit en mars 2011, 70.000 personnes sont mortes dans les combats. Un million d'autres se sont réfugiées à l’extérieur du pays, 2,5 millions étant contraintes de se déplacer à l’intérieur. Ces chiffres accablants font dire au Haut Commissaire aux réfugiés que «la Syrie est entrée dans la spirale d’une catastrophe absolue». Dans un récent rapport, Médecins Sans Frontière (MSF) appelle de son côté les pays impliqués dans la recherche d’une solution au conflit de tout faire pour «acheminer l’aide humanitaire». 
 
La situation des blessés est dramatique car le pouvoir bombarde les structures de santé clandestine et utilise tous les moyens pour leur refuser l’accès aux soins. Les personnes qui arrivent blessées par balles dans un hôpital public sont généralement assimilées à des opposants. Elles sont traitées comme des détenus et maintenues au secret, selon Amnesty international.
 
Les médecins ou soignants qui aideraient ces blessés prennent le risque d’être arrêtés ou torturés.
 
Selon les autorités syriennes, « 57% des hôpitaux publics ont été endommagés et 36% ne fonctionnent plus ». La population et les opposants au régime ont recours à des structures clandestines. Elles sont «ciblées ou détruites» par le pouvoir en place.
 
Système de santé à genoux
La population civile se trouve prise dans une nasse. Les hôpitaux sont réservés « par priorité aux combattants », décrit MSF.

La détérioration économique induit des pénuries alimentaires ; les maladies chroniques ne sont plus soignées, le suivi des femmes enceintes et les soins post-opératoires sont abandonnés. Un réseau de médecins syriens de la diaspora (UOSS) organise l’aide à ces populations  « Des maladies comme la tuberculose (...) réapparaissent, les enfants ne sont plus vaccinés » explique-t-on.

La guerre a également entrainé la rupture de l’approvisionnement de médicaments. Les principaux laboratoires pharmaceutiques sont installés dans la région d’Alep, aujourd’hui bombardée.  
 
Il faut également tenir compte des problèmes psychologiques. « Traumatisés par les bombardements, les civils, sont soumis à un stress intense alors qu’ils se méfient en permanence les uns des autres, » résume MSF.   
 

Indigence des réactions occidentales
Face à cette situation sanitaire dramatique, la communauté internationale tente de se mobiliser. Mais, gros point noir, les agences onusiennes et les ONG dépendent largement du bon vouloir du régime de Bachar al-Assad pour pouvoir venir en aide à la population dans les zones rebelles. Dans son rapport, MSF s’en prend à leur pusillanimité. De plus, leurs moyens sont insuffisants et les capacités d’aide mis en oeuvre dans les zones gouvernementales sont «saturées» et insuffisantes, selon l'organisation.
 
Dans le même temps, les Occidentaux, qui ont reconnu la coalition nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien, sont accusés d’inaction humanitaire.
 
Passer la frontière ou périr 
Confrontés à toutes ces difficultés, nombre de blessés s’essayent à passer les frontières. Direction le Liban. Après un long et difficile cheminement à pied, en moto, où à dos d’âne, qui aggrave leurs blessures, ces personnes arrivent quotidiennement à Tripoli (nord) où elles n’ont d’autres choix que de se faire amputer.  

A Khaldieh, à 40 km de Tripoli, le centre médical de l’association médical de l’Ordre de Malte fournissait, à la fin août 2012, des soins médicaux gratuits à plus de 500 réfugiés syriens.

La Jordanie joue, elle aussi, un rôle important pour atténuer les souffrances de la guerre. Elle accueille quelque 320.00 réfugiés syriens, dont de nombreux blessés. Exemple : le cas de Mustapha, âgé de 41 ans, dont la maison, située à Dara’a, a été incendiée. Il est ainsi soigné pour ses brûlures par des médecins marocains dans le camp de Za’atri, administré par le Haut-Comité des Réfugiés (HCR)de l’ONU.

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