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Vidéo Guerre en Ukraine : "Les informations qui remontent jusqu'à Vladimir Poutine sont très souvent biaisées, voire abracadabrantesques"

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Article rédigé par franceinfo
Radio France

Vladimir Poutine est mal informé sur le déroulement de la guerre en Ukraine, a déclaré jeudi 6 octobre dans "Le Talk" franceinfo sur Twitch Kevin Limonier, maître de conférences en études slaves à l'Université Paris 8. Et cette mauvaise communication explique une partie des difficultés de l'armée russe depuis le début du conflit.

Alors que la guerre en Ukraine a pris un nouveau tournant depuis le 21 septembre, jour de l'annonce de la mobilisation en Russie par Vladimir Poutine, comment le président russe vit-il cette phase dans laquelle l'Ukraine regagne du terrain, et alors que nombre de ses soldats semblent se rendre ou fuir plutôt que d'aller au front ?

Le président russe, isolé, ne lirait que des dépêches du FSB, les services de renseignement russes. Quant aux informations remontées par sa garde rapprochée, le spécialiste de l'espace informationnel russe Kevin Limonier estime dans "Le Talk" franceinfo qu'elles sont très loin de la réalité. 

>> REPLAY. Guerre en Ukraine : comment les Russes vivent-ils le conflit ? Le débat du Talk franceinfo

"Il est au sommet d'un appareil sécuritaire qui lui renvoie énormément de notes. Mais dans les notes du FSB par exemple, on sait que les informations qui lui arrivent sont très souvent biaisées", détaille Kevin Limonier. 

Une mauvaise communication qui explique en partie les échecs de la Russie

Les raisons pour lesquelles ces informations sont biaisées sont multiples, selon le maître de conférences en études slaves.

C'est lié à la structure administrative, à la hiérarchie, au fait qu'il faut faire plaisir au chef, qu'il vaut mieux mettre certains problèmes sous le tapis plutôt que de les renvoyer à son chef...

Kevin Limonier, spécialiste de la sphère informationnelle russe

à franceinfo

"Et on a pu voir des choses totalement abracadabrantesques qui expliquent en partie les échecs militaires initiaux de la Russie lors de la première phase de l'invasion en Ukraine", ajoute Kevin Limonier. "Les services de renseignement avaient fait remonter des renseignements tout simplement faux, notamment sur le fait que les Russes seraient accueillis en libérateurs dans certaines villes ukrainiennes." 

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