Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, en grève de la faim, est "prêt à mourir", selon son avocat

"Je pense qu'au fond de lui, il a peur, mais il ne laisse pas cette peur se manifester", a assuré son avocat dans un entretien à un site d'information russe. 

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, le 9 août 2018 dans son lieu de détention, en Iamalie, dans le nord de la Russie.
Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, le 9 août 2018 dans son lieu de détention, en Iamalie, dans le nord de la Russie. (HO / AFP)

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie et en grève de la faim depuis près de trois mois, est "prêt à mourir", a affirmé vendredi 10 août son avocat Dmitri Dinzé. "Bien sûr, Oleg, comme toute autre personne, ne veut pas mourir. Mais il y est prêt", a déclaré Maître Dinzé, dans un entretien au site d'information Meduza.

"Je pense qu'au fond de lui, il a peur, mais il ne laisse pas cette peur se manifester", a assuré l'avocat. Cette déclaration intervient alors qu'Oleg Sentsov a dit craindre une fin "proche" dans une lettre adressée à sa cousine, qui a assuré mercredi que la situation était "catastrophique".

Il "n'est pas un suicidaire, ni un malade mental"

"Oleg est devenu un kamikaze ukrainien qui a mis sa vie en jeu pour sauver la vie des autres, pour ses idéaux, pour son pays", a estimé Maître Dinzé, en soulignant que son client "n'est pas un suicidaire, ni un malade mental".

Dans la chambre du service médical de son camp où Oleg Sentsov a été transféré deux semaines après le début de sa grève de la faim, selon l'avocat, "il lit des livres, écrit et finit des scénarios, écrit des récits". "Il travaille beaucoup, sinon, il pourrait devenir fou s'il restait allongé à regarder le plafond", a ajouté Dmitri Dinzé. Le cinéaste de 42 ans est détenu dans un camp en Iamalie, dans le nord de la Russie.

Opposant à l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, Oleg Sentsov a été condamné à vingt ans de camp en 2015 pour "terrorisme" et "trafic d'armes" à l'issue d'un procès qualifié de "stalinien" par l'organisation Amnesty International. Il a entamé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les "prisonniers politiques" ukrainiens détenus en Russie.