Elizabeth II : la presse britannique s'inquiète pour la reine, diminuée par des "problèmes de mobilité", contrainte de "passer les rênes"

Absente du traditionnel discours du trône, qu'elle n'a loupé qu'à deux reprises lors de son règne, la souveraine britannique, âgée de 96 ans, va se faire remplacer par son fils Charles.

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édité par Xavier Allain - Richard Place
Radio France
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Temps de lecture : 4 min.
La reine Elizabeth II lors d'une cérémonie militaire à l'occasion de son anniversaire, le 12 juin 2021 au château de Windsor (Royaume-Uni).  (CHRIS JACKSON / POOL / AFP)

C'est une absence très remarquée. Et tout autant remarquable. Une fois n'est pas coutume, la reine Elizabeth II ne participera pas à l’ouverture de la session du Parlement ce mardi 10 mai 2022. Lundi, elle a ainsi fait savoir lundi soir qu'elle serait remplacée par son fils le prince Charles pour le traditionnel discours du trône.

Si la reine d'Angleterre prononce systématiquement le traditionnel discours du trône - le programme du gouvernement lors d'une cérémonie en grande pompe  -, c'est donc la première fois qu’elle rate cet événement depuis 59 ans. Depuis le début de son règne, elle n’a raté ce rendez-vous que deux fois : en 1959 et en 1963, où elle était alors enceinte. 

>> Royaume-Uni : l'absence de la reine Elizabeth pour le discours du trône marque "une espèce de régence du royaume", selon un biographe royal

Charles et William côte à côte

Dans un communiqué, le palais de Buckingham indique ainsi que "La reine continue d'avoir des problèmes de mobilité épisodiques et, après consultation avec ses médecins, a décidé à contrecoeur de ne pas participer au discours du trône". Et il est donc bien précisé que c’est la reine de 96 ans elle-même qui a pris cette décision. C’est donc Charles, son fils aîné et successeur désigné, qui lira le discours devant les parlementaires : c'est la première fois qu'elle s'y fait remplacer par le prince de Galles. Autre symbole : à ses côtés, il y aura son fils, le Prince William, lui aussi appelé à régner un jour. 

Rapidement, la presse britannique s'est émue de cette situation, parlant d'un passage de témoin, voire une forme de régence. Le quotidien Metro titre "Transmettre les rênes", avec en une, une grande photo d’Elisabeth II et juste à côté, en plus petit, le prince Charles.

Le Times, lui, titre sobrement la reine va manquer l'ouverture du parlement, glissant qu'il "s'agit d'un évènement sans précédent dans l'histoire récente, représentant un changement important pour les responsabilités de Charles en tant qu'héritier du trône". Un constat partagé par le Daily Telegraph.


Le ton est beaucoup moins diplomate chez les tabloïds. Quand le Daily Mail se pose clairement la question "Est-ce le début d'une régence pour Charles ?", The Sun titre lui "Crown... and out", jeu de mots entre "retirer sa couronne" et l'expression "saturer". 

70 ans de règne

Il faut dire que la dernière apparition publique d’Elisabeth II remonte le 29 mars dernier. Un service religieux en hommage à son mari, le prince Philip, disparu l’année dernière. Elle se déplaçait alors au bras de l’un de ses enfants ou à l’aide d’une canne. La monarque avait elle-même confié mi-février qu'elle "ne pouvait pas bouger", en montrant sa jambe gauche lors d'une audience à Windsor.

Depuis une brève hospitalisation en octobre, les apparitions d'Elizabeth II sont devenues extrêmement rares, même si elle continue à assumer des "tâches légères" au château de Windsor, la plupart du temps par visioconférence. 

De quoi renforcer l'inquiétude des sujets de sa Majesté : dans moins d’un mois, le 2 juin, ce sont les célébrations du jubilé de platine, ses 70 ans de règne. Quatre jours de fête historique à travers tout le pays... et, donc, le risque de ne pas apercevoir Elizabeth II et ses chapeaux colorés. 

Selon les dernières informations, tout se décidera au dernier moment. On sait déjà que si elle fait une apparition, ce sera bref et depuis un lieu calme. Pour l’heure, elle est espérée au balcon de Buckingham Palace, en plein coeur de Londres, entourée d’une partie de sa famille, durant le défilé en son honneur. Des dizaines de milliers de spectateurs et des dizaines de millions à la télévision dans le monde entier voudront apercevoir sa frêle silhouette. 

Il faut dire qu'une grande majorité des Britanniques n’a jamais connu qu’elle comme monarque. Et sa présente omniprésente ne fait que renforcer cette aura :  son visage est sur les billets, les timbres, les Britanniques sont habitués à la voir partout, tout le temps. Rencontrer des chefs d’Etat, inaugurer une usine, décorer des personnalités… Et cela fait 70 ans que ça dure.

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