Ex-espion russe : la Russie et le Royaume-Uni sont "engagés dans une escalade graduelle des sanctions"

Cyrillez Bret, professeur de relations internationales à Sciences Po, a expliqué, jeudi sur franceinfo, que l'expulsion de 23 diplomates russes et le gel des contacts bilatéraux par le Royaume-Uni est une décision "symboliquement" forte.

Le président russe Vladimir Poutine et la Première ministre du Royaume-Uni Theresa May.
Le président russe Vladimir Poutine et la Première ministre du Royaume-Uni Theresa May. (PHOTOS AFP)

Theresa May, la Première ministre britannique estime que la Russie est "coupable" de l'empoisonnement d'un ex-espion russe au Royaume-Uni. Elle a annoncé une série de sanctions, mercredi 13 mars, dont l'expulsion de 23 diplomates russes et le gel des contacts bilatéraux. "On est bien engagé dans une escalade graduelle et organisée des sanctions et des contre-sanctions", explique, jeudi sur franceinfo, Cyrille Bret, professeur de relations internationales à Sciences Po et spécialiste de la Russie.

"C'est fort symboliquement et c'est complété par d'autres mesures encore plus symboliques, notamment l'annonce du boycott de la Coupe du monde en juin, en Russie, par les membres de la famille royale", avance Cyrille Bret. Ces décisions laissent "planer l'ombre de sanctions supplémentaires si les contre-sanctions russes sont considérées comme disproportionnées", estime le spécialiste de la Russie.

La France se positionne

Jean-Yves le Drian a annoncé que la France allait se coordonner avec Londres. Le conflit va donc s'internationaliser. "C'est en train de se faire. La crise est passée par un stade bilatéral, Royaume-Uni et Russie, puis multilatéral avec la solidarité manifestée très tôt entre les États-Unis et le Royaume-Uni. C'est en train de devenir une question internationale et mondiale après la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies", explique Cyrille Bret.

Cette affaire, à quelques jours de l'élection présidentielle russe, "vient bien mal pour le président Poutine" : "Dimanche soir, lors de sa réélection probable, il ne pourra pas y avoir la grande fête internationale qui manifestera son statut international", a conclu Cyrille Bret.