Après l'empoisonnement d'un ancien agent double russe, le ton monte entre Moscou et Londres

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a qualifié, vendredi, de "propagande" les allégations sur l'éventuelle implication de Moscou dans l'empoisonnement d'un ancien agent double russe et de sa fille au Royaume-Uni.

Des forces de police devant le banc où un ex-agent double et sa fille ont été retrouvé inconscients, à Salisbury (Royaume-Uni), le 8 mars 2018.
Des forces de police devant le banc où un ex-agent double et sa fille ont été retrouvé inconscients, à Salisbury (Royaume-Uni), le 8 mars 2018. (BEN STANSALL / AFP)

Une affaire toxique pour les relations entre la Russie et le Royaume-Uni. L'ancien espion russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients, dimanche 4 mars, sur un banc de Salisbury, petite ville du sud de l'Angleterre. Les policiers déclarent qu'ils ont été hospitalisés pour "une exposition présumée à une substance toxique non identifiée".

Par ailleurs, un policier qui leur est venu en aide a été aussi hospitalisé. Dix-huit autres personnes ont été prises en charge pour des "tests sanguins, du soutien et des conseils." Rapidement, les regards se sont portés vers Moscou, qui dément toute responsabilité.

L'empoisonnement est confirmé

La ministre de l'Intérieur Amber Rudd a expliqué, jeudi 8 mars, que Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia ont été "visés spécifiquement" par l'administration d'un agent innervant, substance chimique qui agit sur le système nerveux et peut entraîner la mort.

Amber Rudd a indiqué qu'il s'agissait d'une substance toxique "très rare".  L'agent utilisé est un produit sophistiqué qui ne peut être fabriqué qu'en laboratoire et non par un amateur dans sa cuisine.

Jeudi, l'ex-agent double et sa fille, hospitalisés, étaient toujours "inconscients et dans un état critique, mais stable", a précisé la ministre de l'Intérieur.

Le Royaume-Uni brandit des menaces

"Nous nous engageons à ce que tout soit fait pour que les responsables soient traduits en justice", a déclaré la ministre de l'Intérieur Amber Rudd devant les députés britanniques, dénonçant une attaque "sans foi ni loi".

"Le gouvernement réagira si nécessaire. Nous le ferons correctement, au bon moment, et sur la base des meilleures preuves", a déclaré, de son côté, la Première ministre britannique Theresa May sur la chaîne ITV. "Nous ferons ce qui est approprié, ce qui est juste, s'il est prouvé que c'est soutenu par un Etat", a-t-elle poursuivi.

Le ministre aux Affaires étrangères, Boris Johnson, a pris moins de pincettes, pointant la Russie du doigt dès mardi. 

La Russie dénonce un acte de "propagande"

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a qualifié, vendredi 9 mars, de "propagande" les allégations sur l'éventuelle implication de Moscou dans l'empoisonnement d'un ancien agent double russe et de sa fille au Royaume-Uni.

"Nos partenaires occidentaux nous accusent de tout ce qui va mal sur cette planète", a déclaré Sergueï Lavrov en marge d'une visite officielle à Addis-Abeba (Ethiopie). "C'est de la pure propagande et cela vise à faire monter la tension", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie russe a réaffirmé que le Kremlin était disposé à apporter son aide dans cette affaire, comme sur d'autres sujets, mais uniquement sur la base de faits.