VIDÉO. Le "stade noir" de Daech : à Raqqa, en Syrie, retour au football après la terreur

Les premières rencontres de football depuis la libération de Raqqa, en Syrie, en octobre dernier, se sont déroulées cette semaine dans le stade municipal que Daech avait transformé en prison et en immense centre de torture.

Au stade municipal de Raqqa, ex capitale de Daech, en Syrie, libérée en octobre dernier, la maigre pelouse a été tondue et les lignes blanches tracées pour l'occasion. "C'est la première fois que je reviens, j'ai pleuré mais c'était des larmes de joie, explique Hicham, l'attaquant de l'équipe de Tabqa. Les jihadistes ne nous auraient jamais laissé joué. Ils nous auraient tués."

La tribune, en partie en ruines, accueille une centaine de supporters, dont un groupe de jeunes filles. "Je soutiens l'équipe de Manbij, annonce Nejma du haut de sa vingtaine d'années. Parce que ce sont les plus jeunes et qu'ils jouent bien. Je suis venue toute seule : c'était interdit, avant."

Sous les gradins se trouvent des cellules de prison souterraines. C'est dans l'une d'entre elles qu'Ahmed, de l'équipe de Manbij, a passé plusieurs jours. "Quand je suis entré dans le stade, j'étais terrifié, je tremblais : tout est revenu dans ma tête. On arrivait ici les yeux bandés...J'y suis resté cinq jours, avant d'être transféré à la prison de Takba, où j'ai passé quatre mois." Des horreurs ont été commises dans les entrailles de ce stade. 

"Mes deux fils ont passés des semaines ici, témoigne l'arbitre de la rencontre, Ismaël Youssef. Quand je vois ces grilles, je pense à eux et à ce qu'ils ont vécu. On les a torturés et battu ici." Qu'importe le résultat : l'objectif était de participer à la renaissance de ce stade.

Sous les gradins se trouvent des cellules de prison souterraines.
Sous les gradins se trouvent des cellules de prison souterraines. (OMAR OUAHMANE / RADIO FRANCE)