Syrie : plus de 38 500 personnes déplacées en septembre à cause des combats à Idleb, selon l'ONU

La ville est en proie aux bombardements du régime et de son allié russe depuis plusieurs semaines. 

Un enfant dans un camp de réfugiés à Kafr Lusin, près de la frontière turque, dans la province d\'Idleb, le 9 septembre 2018. 
Un enfant dans un camp de réfugiés à Kafr Lusin, près de la frontière turque, dans la province d'Idleb, le 9 septembre 2018.  (ZEIN AL RIFAI / AFP)

Plus de 38 500 personnes ont dû prendre la route en moins de deux semaines dans la région d'Idleb, en raison de la forte augmentation des hostilités et des craintes d'une nouvelle escalade, a annoncé l'ONU jeudi 13 septembre. C'est 10 000 de plus que ce qu'avait dénombré l'organisation en début de semaine. Situés dans le nord-ouest syrien, le dernier bastion rebelle et les territoires insurgés adjacents ont été ces derniers jours la cible des bombardements du régime de Bachar Al-Assad et de son allié russe.

L'ONU estime ainsi que plus de 4 500 personnes ont pu rentrer chez elles entre le 10 et le 12 septembre après une "relative diminution des hostilités". "La plupart des déplacés se sont cependant dirigés vers les camps situés le long de la frontière" avec la Turquiea détaillé Panos Moumtzis, coordonnateur humanitaire régional de l'ONU pour la crise syrienne, au cours d'une conférence de presse à Genève. Une goutte d'eau dans la masse de Syriens déplacés, qui a atteint "un niveau sans précédent", selon la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrieavec plus d’un million de personnes déplacées ces trois derniers mois.

L'ONU se prépare à gérer 900 000 déplacés 

Alors que les belligérants – Ankara, Moscou et Téhéran, qui collaborent chacun avec des groupes armés – ont tenté vendredi dernier, en vain, de parvenir à un accord pour éviter une offensive dévastatrice sur Idleb, l'ONU se prépare "au pire" et craint "un massacre" humanitaire. "Nous envisageons une réponse pour jusqu'à 900 000 personnes qui pourraient fuir et nous espérons que cela n'arrivera pas", a poursuivi Panos Moumtzis. D'après ce scénario, 700 000 personnes pourraient se déplacer vers des zones contrôlées par les groupes armés non étatiques, tandis que 100 000 autres resteraient dans la région ou s'enfuiraient vers des zones contrôlées par le gouvernement, selon l'ONU. Jusqu'à 100 000 autres pourraient avoir besoin d'aide dans les environs de Tall Rifaat, à une quarantaine de kilomètres au nord d'Alep.

La population de la province d'Idleb et des zones adjacentes sous contrôle des insurgés a quasiment doublé au cours des dernières années, atteignant près de trois millions de personnes, avec l'afflux de dizaines de milliers de rebelles et de leurs familles en provenance d'autres régions reprises par le régime. Si l'ensemble de la population était amené à devoir fuir, "la capacité de toutes les organisations humanitaires réunies" serait dépassée "de loin".