Syrie : "les enfants sont en train de mourir de faim" dans la Ghouta orientale

La situation dans la Ghouta orientale en Syrie, sous les bombes et assiégée par le régime de Bachar al-Assad, a été jugée "catastrophique" jeudi sur franceinfo par Nina Walsh d'Amnesty International.

Des habitants de la Ghouta orientale, près de Damas (Syrie), dans un hôpital improvisé, le 21 février 2018.
Des habitants de la Ghouta orientale, près de Damas (Syrie), dans un hôpital improvisé, le 21 février 2018. (AFP)

Amnesty International estime qu'il y a urgence dans la Ghouta orientale, près de Damas, le dernier fief rebelle en Syrie. "Les enfants sont en train de mourir de faim" a alerté jeudi 22 février Nina Walsh, chargée de campagne conflits armés chez Amnesty international France. Cette enclave rebelle est sous les bombes du régime syrien. La situation est jugée "catastrophique" selon Amnesty International qui publie son rapport annuel sur les droits de l'homme dans le monde. 

"Ce n'est pas normal que dans la Ghouta orientale un morceau de pain coûte 85 fois plus qu'à Damas à quelques kilomètres, qu'on a des cas de malnutrition grave et que les enfants sont en train de mourir de faim dans cette zone-là", a dénoncé Nina Walsh.

Les hôpitaux visés par des bombes

La zone est sous le coup de bombardements intenses qui ont fait au moins 320 morts dont 76 enfants en quatre jours. Les bombes visent "surtout les hôpitaux", a indiqué Nina Walsh. "Le personnel médical témoigne d'une situation catastrophique, de l'impuissance totale, d'un désespoir", travaillant 24 heures par jour "sans disposer de l'équipement nécessaire", décrit cette responsable d'Amnesty international.

Oubaida Al Moufti, médecin franco-syrien, vice-président de l’UOSSM (Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux- France) fait le même constat sur franceinfo. "Une dizaine d'hôpitaux ont été bombardés directement, explique-t-il. Nos collègues sur le terrain nous décrivent une situation d'enfer, c'est le chaos total".

Les blessés s'entassent dans les couloirs des hôpitaux, les morts aussi. L'odeur de la mort est partout.Oubaida Al Moufti, médecin franco-syrienà franceinfo

Ce médecin franco-syrien raconte depuis la France que ses "collègues sont obligés de faire des choix extrêmement difficiles devant les blessés qui arrivent. Quand une blessure est importante, ils sont obligés de laisser cette personne mourir parce qu'ils n'ont pas les moyens de la sauver. Peut-être pour sauver une autre personne..."

Les rare secours travaillent avec des moyens très précaires. "Il n'y a pas d'électricité, il y a des groupes électrogènes qui marchent sur le fioul. Il n'y a pas de médicaments", relate Oubaida Al Moufti.

Trêve humanitaire d'urgence

Emmanuel Macron a demandé mercredi une trêve humanitaire de 30 jours à l'ONU. "On demande depuis des mois et des mois une trêve humanitaire. On espère une volonté de la communauté internationale de faire quelque chose", demande Oubaida Al Moufti.

Selon la responsable d'Amnesty international, Nina Walsh, la stratégie du régime syrien, avec ce siège prolongé et les bombardements incessants est de forcer la population "soit à se rendre soit à mourir de faim sous les bombes."