Syrie : la justice française saisie pour les attaques chimiques contre la population syrienne en août 2013

Une ONG franco-syrienne a déposé deux plaintes contre le régime de Bachar al-Assad, selon les informations de France Inter. L'organisation a collecté des preuves montrant que le pouvoir syrien a déversé, il y a sept ans, du gaz sarin sur sa propre population.

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Une photo prise par le média d'opposition syrien Shaam News Network montrant des batiments enfumés dans le quartier de la Ghouta à Damas, après ce que les rebelles syriens ont qualifié d'attaque au gaz toxique, le 21 août 2013. (AMMAR AL-ARBINI / SHAAM NEWS NETWORK VIA AFP)

La justice française a été saisie lundi 1er mars pour les attaques chimiques menées contre la population syrienne en août 2013 par le régime de Bachar al-Assad, révèle France Inter mardi. Une plainte pour "crime de guerre" et "crime contre l’humanité" a été déposée par l’ONG franco-syrienne Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression. Les images effroyables de ces attaques, montrant des enfants, des femmes et des hommes agonisants après avoir été victimes d'une attaque au gaz sarin, ont à l'époque circulé sur les réseaux sociaux. Elles tiennent lieu aujourd'hui de preuves matérielles.

"En tant qu'une des plus vieilles organisations en Syrie, nous disposons d'un grand réseau. Mais certains de mes collègues ont payé de leur vie la recherche de preuves, certains ont été torturés à mort, témoigne sur France Inter Mazen Darwish, avocat réfugié en France et directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression. Cette plainte est leur héritage, c'est ce qu'ils nous ont donné pour poursuivre le combat pour la justice".

"Des missiles spécifiques, lancés la nuit ou à l'aube"

Cette plainte pour crime de guerre et crime contre l'humanité, déposée sept ans après les faits, est par ailleurs appuyée par les témoignages d'une vingtaine de survivants, qui ont fui le régime de Bachar al-Assad. "Ces personnes racontent l'horreur, explique à France Inter maître Clémence Witt, avocate au barreau de Paris. Elles racontent des missiles spécifiques, lancés la nuit ou à l'aube parce que les températures sont plus froides : cela permet aux agents neurotoxiques et au gaz de rester concentrés et de pénétrer dans les habitations."

"Ce que nous attendons de la justice française, poursuit l'avocate, c'est qu'elle permette la manifestation de la vérité. À la fois en reconnaissant aux victimes leur statut et en faisant aussi la lumière sur la chaîne de commandement et les responsabilités du gouvernement syrien".

La justice française, en vertu de sa compétence extra-territoriale, doit désormais décider des suites à donner à cette plainte du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression. Par ailleurs, une procédure similaire est déjà en cours devant la justice allemande.

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