Syrie : que réclament les participants à la conférence de paix "Genève 2" ?

Après l'invitation lancée à l'Iran par l'ONU, la coalition syrienne a annoncé, lundi, qu'elle boycotterait la conférence de paix si cette invitation n'était pas retirée. Francetv info récapitule les positions des différents pays concernés.

Le dispositif de sécurité est installé, à Montreux (Suisse), le 18 janvier 2014, avant la conférence de paix sur la Syrie, prévue le 22 janvier.
Le dispositif de sécurité est installé, à Montreux (Suisse), le 18 janvier 2014, avant la conférence de paix sur la Syrie, prévue le 22 janvier. ( MAXPPP)

Viendra, viendra pas ? La coalition de l'opposition syrienne a menacé, lundi 20 janvier, de retirer sa participation à la conférence de paix de "Genève 2", si l'invitation à la table des négociations lancée à l'Iran par l'ONU était maintenue. Elle avait pourtant confirmé sa participation, la veille.

Plus tôt, lundi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé avoir lancé une invitation à l'Iran, à l'issue de discussions intenses avec le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. L'Iran, principal allié régional de Damas, s'est engagé à jouer "un rôle positif et constructif" pour mettre fin au conflit syrien, avait expliqué Ban Ki-moon.

Francetv info fait le point sur les invités de cette conférence de paix et sur leurs attentes.

L'opposition réclame le départ d'Al-Assad

La participation de l'opposition syrienne, arrachée à l'issue de longues négociations, est une nouvelle fois remise en cause par la possible venue de l'Iran. La coalition d'opposition avait finalement accepté samedi à Istanbul d'assister à la conférence, après des semaines d'atermoiements et de pressions occidentales et arabes.

Ce qu'elle réclame. L'opposition syrienne n'affiche qu'un seul but : se débarrasser de Bachar Al-Assad. L'objectif de la coalition est de "retirer au boucher tous ses pouvoirs", martèle Ahmad Jarba, son président.

Le régime ne veut pas abandonner le pouvoir

Le régime doit participer à la conférence et a fait vendredi des concessions en direction de l'opposition, sous la pression de Moscou. Damas a proposé un "échange de prisonniers" et un plan de cessez-le feu dans la région d'Alep, où les combats font rage, au nord du pays.

Ce qu'il réclame. Pas question pour Bachar Al-Assad de laisser les clés d'un futur gouvernement à un opposant. Dans une interview à l'AFP réalisée dimanche, il a annoncé qu'il y avait de "fortes chances" qu'il se porte candidat à un nouveau mandat en juin prochain. Pour lui, la conférence de Genève doit avant tout s'attacher à lutter contre le "terrorisme" en Syrie, terme qu'il utilise pour désigner la rébellion armée.

La communauté internationale milite pour un gouvernement de transition

Au total, une trentaine de pays doivent participer à ce rendez-vous diplomatique : les Etats-Unis et la Russie, à l'origine de l'initiative, mais aussi d'autres puissances internationales et régionales. Tous ont été invités par Lakhdar Brahimi, l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue Arabe en Syrie, rappelle Al-Jazeera.

Ce qu'elle réclame. Les grandes puissances internationales s'appuient sur un communiqué adopté à Genève en juin 2012, qui prévoit une issue politique à la crise en Syrie. "Le but des négociations est d'établir, par consentement mutuel, un gouvernement de transition disposant de la plénitude du pouvoir exécutif", a rappelé le président de l'ONU Ban Ki-moon.

Mais une telle issue semble encore difficile à atteindre, tant les objectifs des deux camps sont diamétralement opposés. En décembre, le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, s'était dit "assez pessimiste" sur les chances de succès des négociations.