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Les conditions de vie déplorables du million de réfugiés syriens

"La Syrie est entrée dans la spirale d'une catastrophe absolue", a déclaré mercredi le Haut Commissaire aux réfugiés des Nations unies.

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Une réfugiée syrienne dans le camp de Qah à la frontière turquo-syrienne, le 31 janvier 2012. (AAMIR QURESHI / AFP)

Le cap du million de réfugiés syriens est atteint, a annoncé l'ONU mercredi 6 mars. Pour le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, "la Syrie est entrée dans la spirale d'une catastrophe absolue". Le nombre de réfugiés fuyant leur pays a fortement augmenté depuis le début de l'année, avec 400 000 réfugiés syriens de plus depuis le 1er janvier, selon le HCR. Ils se rendent généralement vers le Liban, la Jordanie, la Turquie, l'Irak et l'Egypte. Dans quelles conditions vivent ces réfugiés ? Francetv info dresse un état des lieux.

Moins de la moitié des réfugiés accueillis dans des camps

Contrairement à l'idée reçue, à peine 40% des réfugiés syriens enregistrés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord résident dans des camps. "La majorité d'entre eux louent des logements ou vivent au sein de familles d'accueil, dans des centres d'hébergement ou des bâtiments rénovés pour leur fournir un toit", a expliqué la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, au début du mois de décembre.

Au Liban, notamment, "il n'y a pas de camps de réfugiés. Les réfugiés syriens vivent plutôt au sein de communautés d'accueil rurales ou urbaines", explique le HCR. Selon France 24, certains paysans louent leurs terrains à des réfugiés qui n'ont pas de proches pour les accueillir, dans ce pays voisin de la Syrie. Mais les sommes demandées sont parfois considérables.

Mais des camps surpeuplés

C'est surtout en Turquie que les réfugiés sont logés dans des camps. Le pays a dépensé plus de 600 millions de dollars (460 millions d'euros) pour établir 17 camps de réfugiés, et d'autres sont en cours de construction. Pas sûr que cela soit assez : l'affluence est telle que la situation devient de plus en plus difficile pour les réfugiés et les pays accueillants, parfois obligés de fermer leurs frontières, comme l'a fait la Turquie fin août 2012, indiquait Le Monde en janvier.

Dans le quotidien algérien El Watan, un réfugié d'un camp jordanien se confie : "L'autre jour, la police jordanienne a usé de gaz lacrymogènes pour disperser un mouvement de foule, des mécontents qui n’ont pas obtenu leur quota de couvertures. Cela arrive fréquemment tant le HCR a du mal à contenter tout le monde alors que le gouvernement de Jordanie n’a pas les moyens de faire face à ce rush." 

Des réfugiés dépourvus face au froid...

"Ils ont eu à affronter l'un des hivers les plus froids depuis de nombreuses années." Dans une tribune publiée dans le New York Times (en anglais), le Haut commissaire aux réfugiés de l'ONU détaille lui les conditions météo déplorables auxquelles sont confrontés les réfugiés syriens. La porte-parole du HCR, Melissa Fleming, explique aussi que certains "réfugiés syriens (...) ont rejoint la Jordanie avec des vêtements trempés et des chaussures couvertes de boue à cause de la pluie. Ils sont apeurés, frigorifiés et portent des vêtements trop légers contre le froid hivernal".

Un reportage de l'AFP, repris par Libération, donne la parole aux principaux concernés. Un réfugié du camp de Zaatari (Jordanie), inondé, dénonce la situation catastrophique, craignant "que l’un de [ses] fils meur[e] dans ce froid glacial. (...) Au moins en Syrie, nous mourrons chez nous et rapidement. Ici la mort est très lente. Regardez autour de vous, c’est comme si les tentes flottaient dans la mer". 

... et menacés par la crise sanitaire

La situation médicale devient donc très compliquée pour les réfugiés syriens, ce qui pousse certains à repartir, comme le raconte El Watan. Sur ce point, le rapport publié en décembre 2012 par Médecins sans frontières est alarmiste. Selon l'organisation, plus de la moitié des réfugiés interrogés ne peuvent pas s'offrir un traitement contre les maladies chroniques, et près d’un tiers ont été forcés à suspendre leur traitement parce qu’il était trop cher. 

Pire, la nourriture et l'eau manquent parfois cruellement comme le raconte un autre réfugié à l'AFP. "Nous nous noyons. Nous ne pouvons ni dormir, ni manger. Nous ne pouvons rien faire pour changer cela. Je crains que la situation n’empire." Et ce n'est pas Antonio Gutteres qui va le contredire : "Nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider, mais la réponse humanitaire atteint dangereusement ses limites. Cette tragédie doit être arrêtée." 

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