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Syrie : les Occidentaux "ne peuvent pas se contenter de diplomatie déclaratoire", selon la fondation Robert Schuman

Un cessez-le feu en Syrie a été signé jeudi à l'initiative de la Russie et de la Turquie. Jean-Dominique Giulani, président de la fondation Robert Schuman analyse l'échec des Occidentaux dans les négociations.

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Radio France
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Le président russe Vladimir Poutine, le ministre des Affaires étrangères russe et le ministre de la défense russe à Moscou, le 29 décembre 2016. (MIKHAIL KLIMENTYEV/AP/SIPA / AP)

Un cessez-le feu en Syrie a été signé jeudi 29 décembre à l'initiative de la Russie et de la Turquie. Les négociations se sont faites sans les Occidentaux. Pour Jean-Dominique Giuliani, président de la fondation Robert Schuman, centre de recherches sur l'Union européenne et ses politiques, invité sur franceinfo vendredi 30 décembre, l'Europe doit construire "une diplomatie qui doit être moins idéaliste et plus réaliste".

franceinfo : Comment l'Europe a pu passer à côté de ces négociations pour trouver une solution en Syrie ?

Jean-Dominique Giulani : Ce n'est pas que l'Europe mais l’ensemble des Occidentaux qui a échoué dans les négociations. C’est une bonne leçon qu’il faut méditer pour la suite des opérations. On ne peut pas se contenter de diplomatie déclaratoire. Il faut aussi malheureusement s’inscrire dans des rapports de force et c’est bien ce qu’ont montré la Turquie et la Russie. La Turquie en participant à la destruction de la Syrie et la Russie en intervenant militairement.

Pourquoi la France n'a-t-elle pas engagé ce rapport de force ?

Face aux horreurs en Syrie, on s’est contenté de dire "Bachar doit partir". Lorsque l’on déclare cela sur la scène internationale, on doit avoir les moyens de le faire ou d’aider à le faire, ce qui n’a pas été le cas. On a procédé à une diplomatie de communication plus que d’action. On se retrouve dans une situation où la paix, espérons qu'elle se fasse et qu'elle soit durable, se fait un peu sans nous. La posture des Occidentaux est critiquée car ils ont voulu mettre un doigt dans la crise syrienne mais certainement pas aller plus loin.

Il existe pourtant une chef de la diplomatie de l’Union européenne. L’Europe est censée parler d’une seule voix. Est-ce le cas ?

L’Europe militaire n’existe pas. En Europe, il n'y a pratiquement que la France qui est capable d’appuyer sa diplomatie sur une force armée réelle et crédible. On le voit au Mali et en Afrique en général. La vision d’une Europe-puissance telle qu’on la conçoit en France n’est pas partagée par nos partenaires. Peut-être que les événements récents, que ce soit le terrorisme, les événements en Ukraine ou au Proche-Orient vont faire évoluer les Européens mais pour l’instant ce n’est pas le cas.

L'Europe peut-elle revenir dans le jeu diplomatique ?

Elle reste la principale puissance économique. Elle est en difficulté parce qu’elle est tellement attirante que tous les migrants veulent venir chez elle. Elle doit s’organiser. La dégradation du climat autour des frontières de l’Europe doit la pousser à s’organiser, pas forcément à 28, pour donner une crédibilité à une diplomatie qui doit être un peu moins idéaliste et peut-être plus réaliste.

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